Père Yannik Bonnet

Via Pulchritudinis 1) Une voie majeure de l'évangélisation.



"La « via Pulchritudinis » est une voie capable de guider l’esprit et le cœur vers l’Éternel, de les élever jusqu’aux sommets de Dieu." Benoît XVI



Le magistère de l'Eglise rassemble les merveilles de l'Esprit Saint dans tous les domaines de l'Evangélisation. Le conseil pontifical pour la Culture a visiblement donné un texte fondamental et magnifique pour l'Evangélisation dans ce texte encore trop peu connu : Via Pulchritudinis.


Le texte fait d'entrée de jeu un diagnostic exact des enjeux : anti-catholicisme, ésotérisme, sectes qui privent de la liberté...

Le diagnostic, extrait.

La culture empreinte d’une vision matérialiste et athée caractéristique des sociétés sécularisées, suscite une réelle désaffection et parfois une mise en accusation de la religion, en particulier du christianisme, et notamment un nouvel anti-catholicisme[3]. Beaucoup vivent comme si Dieu n’existait pas (Etsi Deus non daretur), comme si sa présence et sa parole ne pouvaient influencer d’aucune manière la vie concrète des personnes et des sociétés. Ils éprouvent de la difficulté à affirmer clairement leur appartenance religieuse : celle-ci relèverait du strict domaine de la vie privée. L’expérience religieuse, par suite, se dissocie souvent d’une claire appartenance à une institution ecclésiale : certains croient sans appartenir, tandis que d’autres appartiennent sans donner de signes visibles de leur croyance.
Le phénomène de la nouvelle religiosité et les spiritualités émergentes qui se répandent dans le monde, se dressent comme un grand défi pour la nouvelle évangélisation : elles prétendent répondre mieux que l’Église – ou, en tous cas, mieux que les formes religieuses traditionnelles – aux attentes spirituelles, émotives et psychologiques de nos contemporains, et à travers rites syncrétistes et pratiques ésotériques, elles touchent à vif l’émotivité des personnes dans une dynamique communautaire pseudo-religieuse qui, souvent, les étouffe, voire les prive de leur liberté et de leur dignité.[[4]]


La Voie de la Beauté : pour les nouveaux Augustins de notre temps


La beauté de l'amour gratuit et non utilitariste.


Il nous attire, voir nous captive par un rayonnement capable de susciter l'émerveillement.

 Il nous attire, voire nous captive par un rayonnement capable de susciter l’émerveillement. S’il exprime un certain pouvoir d’attraction, plus encore, peut-être, le beau dit la réalité elle-même dans la perfection de sa forme. Il en est l’épiphanie. Il la manifeste en exprimant sa clarté interne. Cette dernière est, selon saint Thomas d’Aquin, l’une des trois conditions de la beauté. Dans son Traité sur la Trinité de la Somme Théologique, il s’interroge sur les attributs propres à chaque personne divine et rattache la beauté à la personne du Fils : « Pulchritudo habet similitudinem cum propriis Filii – La beauté présente quelque similitude avec ce qui est le propre du Fils ». Et il indique les trois conditions de la beauté, pour les appliquer au Christ : l’intégrité ou la perfection – integritas sive perfectio –, la juste proportion ou harmonie – proportio sive consonantia – et la clarté – claritas (Ia, qu. 39, art. 8). Si le bien dit le désirable, le beau dit plus encore la splendeur et la lumière d’une perfection qui se manifeste.[[8]]


« La Beauté est une chose terrible. Elle est la lutte de Dieu et de Satan, et le champ de bataille, c’est mon cœur ».

Cette citation des frères Karamazov fait partie des nombreuses réfléxions précieuses du texte qui donnent de nombreuses références philosophiques, métaphysiques et culturelles...petit florilège pour inciter à aller lire le texte original.

« Le mot par lequel nous commencerons… c’est : beauté ; c’est lui qui pour nous sera le premier. Beauté, c’est la dernière aventure où la raison raisonnante puisse se risquer, parce que la beauté ne fait que cerner d’une éclat impalpable le double visage du vrai et du bien et leur réciprocité indissoluble ; beauté désintéressée, sans laquelle le monde ancien refusait de se concevoir, mais qui, insensiblement, a pris congé du monde intéressé d’aujourd’hui, pour l’abandonner à sa cupidité et à sa tristesse. Beauté, que même la religion n’aime et ne choie plus et qui pourtant, ôtée comme un masque de son visage, met à nu des traits qui menacent de devenir incompréhensibles aux hommes…

Celui qui, à son nom, fait la moue comme si elle était le vain ornement d’un passé bourgeois, on peut être sûr que – en secret ou ouvertement – il ne peut déjà plus prier, et bientôt ne pourra plus aimer…

Dans un monde sans beauté – même si les hommes ne peuvent se passer de ce mot, et l’ont sans cesse à la bouche en le prostituant – dans un monde qui n’est peut-être pas dépourvu de beauté, mais n’est plus capable de la voir, de compter avec elle, le bien a aussi perdu sa force d’attraction, l’évidence « qu’il doit être accompli »… Dans un monde qui ne se croit plus capable d’affirmer le beau, les preuves de la vérité ont perdu leur caractère concluant. » Urs von Baltazar

 

« Cette antique tri-unité de la Vérité, du Bien et de la Beauté n’est pas simplement une formule caduque de parade, comme il nous avait semblé aux temps de notre présomptueuse jeunesse matérialiste. Si, comme le disaient les sages, les cimes de ces trois arbres se réunissent tandis que les pousses de la Vérité et du Bien, trop précoces et sans défenses, sont écrasées, déchirées et n’arrivent pas à maturation, il peut se faire que, étranges, imprévues, inattendues, les pousses de la Beauté pousseront et croîtront à la même place, et ce seront elles, de cette manière, qui accompliront le travail pour toutes les trois. » Soljenistine.



La dimension sacramentelle de la création : la nature est une allégorie, chaque réalité naturelle, le symbole de son Auteur.


Musées du Vatican." la nature est-elle considérée comme une allégorie, et chaque réalité naturelle le symbole de son Auteur."
Musées du Vatican." la nature est-elle considérée comme une allégorie, et chaque réalité naturelle le symbole de son Auteur."

Le pape Jean-Paul II, dans sa Lettre aux artistes, a appelé à une nouvelle épiphanie de la beauté et à un nouveau dialogue foi et culture entre l’Église et l’art, en soulignant le besoin réciproque de l’un et de l’autre et la fécondité de leur alliance millénaire d’où jaillit cet « enfantement dans la beauté » dont Platon déjà parlait dans Le Banquet.

Ainsi, la Via Pulchritudinis donne-t-elle les bases d'un nouvel élan pour l'Evangélisation, à partir de l'immense patrimoine artistique chrétien, et à partir des artistes chrétiens contemporains. 







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