Père Yannik Bonnet

Un grand bienfait : l'autonomie, expliquée par le Concile.



Autonomie et droits fondamentaux de la personne humaine

Jean-François Millet, les premiers pas.
Jean-François Millet, les premiers pas.
Le principe de subsidiarité vise à donner la plus grande autonomie tant aux personnes qu’aux groupements de personnes, c’est-à-dire la libre utilisation de pouvoirs les plus étendus possibles mais en précisant bien que toute autonomie est donnée dans un cadre dont les limites sont d’un côté le respect des droits fondamentaux de la personne humaine, et d’un autre côté, touchant aux contingences plus qu’à l’essentiel, les conditions qui permettent à l’oeuvre commune de se réaliser dans un contexte donné, dans le cadre du bien commun. ( Ce qui permet en même temps à la personne de s’épanouir). 
 

Le lien entre activité concrète et religion : autonomie des hommes en matière temporelle.

Un grand bienfait : l'autonomie, expliquée par le Concile.
Dans Gaudium et Spes, le texte conciliaire montre bien que la société humaine n’a rien à craindre pour l’autonomie légitime des hommes en matière temporelle ( politique, économique, scientifique, artistique, etc) des directives de l’Eglise. Et il précise :
 
36. 1. Pourtant, un grand nombre de nos contemporains semblent redouter un lien trop étroit entre l'activité concrète et la religion: ils y voient un danger pour l'autonomie des hommes, des sociétés et des sciences. 
 
2. Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres, que l'homme doit peu à peu apprendre à connaître, à utiliser et à organiser, une telle exigence d'autonomie est pleinement légitime: non seulement elle est revendiquée par les hommes de notre temps, mais elle correspond à la volonté du Créateur. C'est en vertu de la création même que toutes choses sont établies selon leur consistance, leur vérité et leur excellence propres, avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques. L'homme doit respecter tout cela et reconnaître les méthodes particulières à chacune des sciences et techniques. C'est pourquoi la recherche méthodique, dans tous les domaines du savoir, si elle est menée d'une manière vraiment scientifique et si elle suit les normes de la morale, ne sera jamais réellement opposée à la foi: les réalités profanes et celles de la foi trouvent leur origine dans le même Dieu6. Bien plus, celui qui s'efforce, avec persévérance et humilité, de pénétrer les secrets des choses, celui-là, même s'il n'en a pas conscience, est comme conduit par la main de Dieu, qui soutient tous les êtres et les fait ce qu'ils sont. A ce propos, qu'on nous permette de déplorer certaines attitudes qui ont existé parmi les chrétiens eux-mêmes, insuffisamment avertis de la légitime autonomie de la science. Sources de tensions et de conflits, elles ont conduit beaucoup d'esprits jusqu'à penser que science et foi s'opposaient7. 
 
3. Mais si, par "autonomie du temporel", on veut dire que les choses créées ne dépendent pas de Dieu, et que l'homme peut en disposer sans référence au Créateur, la fausseté de tels propos ne peut échapper à quiconque reconnaît Dieu. En effet, la créature sans Créateur s'évanouit. Du reste, tous les croyants, à quelque religion qu'ils appartiennent, ont toujours entendu la voix de Dieu, et sa manifestation, dans le langage des créatures. Et même, l'oubli de Dieu rend opaque la créature elle-même. 


L’Eglise s’applique à elle-même le principe de subsidiarité en n'empiétant pas sur l'autonomie légitime.

L’Eglise, qui se sait Mère et Educatrice, ne veut donc en aucun cas empiéter sur l’autonomie légitime de la société humaine quand celle-ci organise la vie politique, économique, scientifique, culturelle, etc…mais elle rappelle urbi et orbi que les lois du Créateur ne peuvent être transgressées sans graves dommages. Elle s’applique donc à elle-même le principe de subsidiarité en affirmant que l’Eglise n’a pas de " solution technique" à donner aux problèmes de l’économie, qu’elle ne propose pas de " troisième voie" entre le libéralisme individualiste et le socialisme collectiviste. 
Un grand bienfait : l'autonomie, expliquée par le Concile.

Rappel des réalités divines et de leur lien avec les réalités temporelles concrètes.

Mais elle affirme que la destination des biens matériels est à usage universel en même temps que doit être préservé la liberté de créer, d’entreprendre, d’agir en matière économique. Elle promeut donc des valeurs à aimer et appliquer, l’attention aux plus pauvres; des principes à respecter : destination universelle des biens temporels, principe de subsidiarité dans l’organisation sociale...par la Doctrine sociale, l'Eglise remplit son rôle dans le rappel des réalités divines et de leur lien avec les réalités terrestres, sans s’ingérer pour autant dans la direction de ces mêmes affaires terrestres. Elle est donc la première à respecter l'autonomie légitime qu'elle proclame et défend. Relire Caritas in Veritate permet de comprendre cette articulation entre les deux selon l'esprit de Vatican II. Cette autonomie est valable tant au niveau social ( par le respect du principe de subsidiarité) qu'au niveau individuel  par le principe de non mélange des fors pour ne pas empiéter sur l'autonomie spirituelle de la personne, voir par exemple le numéro 76 de Caritas in Veritate qui re-situe les sciences psychologiques par rapport au spirituel tout en respectant leur autonomie  de sciences humaines.

Père Yannik Bonnet
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