Père Yannik Bonnet

Subsidiarité dans une classe : apprendre " à ne pas marcher sur les plates-bandes des autres" et grandir en autonomie



Peut-on initier les enfants au principe de subsidiarité de manière simple ?

Subsidiarité dans une classe : apprendre " à ne pas marcher sur les plates-bandes des autres" et grandir en autonomie
Entre la notion de subsidiarité et celle de territoire enfantin, il y a des points de jonction qu'un éducateur peut utiliser! Rappelons que dans le principe de subsidiarité, il est question de ne jamais faire à la place du "subordonné" ce que le subordonné peut faire lui-même. 

Transposons chez les petits : il est bien plus éducatif de ne pas lacer les chaussures des petits qui savent le faire, même pour aller plus vite en récréation. Donc, de l'éducateur à l'enfant, ce principe s'applique pour laisser plus d'autonomie à l'enfant et l'obliger à utiliser ses apprentissages dès qu'ils sont assez ancrés. 

Des consignes bien délimitées...et à l'intérieur de ces consignes, le maximum d'autonomie

Bien sûr, il faut tenir compte de ce dont l'enfant est déjà capable ou non. C'est d'ailleurs un des problèmes de la réforme des rythmes scolaires qui ne respecte pas les capacités et les étapes de développement de l'enfant. Les consignes doivent être adaptées à l'âge et à la capacité déjà testée de l'enfant, on ne donne pas les mêmes consignes de déplacement par exemple à un enfant de cinq ans et à un enfant de 10 ans...Un résumé de la situation ici, sur le site Aleteia en ce qui concerne les rythmes scolaires : la pilule ne passe pas...l'article donne les liens vers les récits et réactions des parents sur le terrain...instructif !

Revenons au cadre de la classe, peut-être celui d'ailleurs auquel il faudrait revenir en priorité pour l'améliorer plutôt t que de le désintégrer...



Aux enfants maintenant !

A l'intérieur de la classe, lorsque l'enseignant ou l'éducateur sait faire régner une belle harmonie, on retrouve le principe de subsidiarité très simplement appliqué entre l'éducateur et les enfants, : " Ne pas marcher sur les plates-bandes des autres" : les responsabilités de rangement, de nettoyage, de mise en rang, de calendrier, de fermeture des portes, toutes ces actions réparties dans une classe bien organisée sont faites sans heurts car chacun est autonome dans sa tâche, et sait que son voisin, ou même l'éducateur, n'interviendra que s'il se trompe ou sort de son rôle. 

L'éducateur, une fois les consignes données, ne doit pas " repasser derrière les consignes" pour en ajouter ou en changer en cours de route : si l'enfant créé une situation inattendue dans le cadre donné, tant mieux ! Il aura développé justement une autonomie à l'intérieur du cadre, lequel cadre peut alors être élargi encore. L'enfant prend alors de l'assurance dans un " territoire" plus vaste. Par le respect du principe de subsidiarité, l'éducateur l'aide à grandir mieux et plus vite : il ne fait rien à la place de l'enfant quand celui-ci a la capacité suffisante et nécessaire, il n'intervient pas quand les consignes essentielles sont respectées. L'enfant sait que ni l'éducateur, ni les autres enfants ne " marcheront sur ses plates-bandes", il se sent responsable et respecté.

Il revient à l'enseignant de bien savoir répartir les tâches, de les délimiter de façon claire, ( on peut admirer le travail magnifique fourni par des enseignants du primaire avec tableaux, fiches, rappels de toutes sortes, matériel pédagogique fait main, etc ) , puis à l'enseignant encore de vérifier leur mise en action en rectifiant non pas en cours de route mais à la fin de l'exécution, pour laisser à l'enfant la possibilité de se prendre en main. Ainsi, l'aide à l'enfant, comme celle qui est donnée à un adulte dans une entreprise, respecte la même liberté : il ne s'agit pas de le maintenir en dépendance mais de contribuer à son progrès dans l'autonomie, comme le rappelle le père Bonnet   dans cet article sur les bases du principe de subsidiarité.


Le contrôle est un élement clé de l'application du principe de subsidiarité et dans une classe, ce contrôle doit respecter les mêmes règles qui instaurent liberté et confiance : pas de surveillance " interventionniste", sauf en cas de catastrophe notoire - avant qu'un objet ne soit cassé, par exemple, ou une bataille entre enfants !-, pas de crainte de l'erreur mais toujours une possibilité de recommencer en intégrant et dépassant l'erreur commise ( c'est l'art de corriger !), et une fois le processus assimilé par l'enfant, lui confier de le transmettre à un autre selon...les mêmes principes!
Admin




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