Père Yannik Bonnet

Quel avenir pour la France face à l'inquiétude croissante?



Inquiétudes grandissantes

Porche de l'Eglise Saint Michel du Puy en Velay, saint Michel saint protecteur de la France
Porche de l'Eglise Saint Michel du Puy en Velay, saint Michel saint protecteur de la France

La question m’est souvent posée dans mes pérégrinations hexagonales. Ceux qui me la posent le plus souvent ont été chloroformés par les médias depuis quelques décennies, mais ils sont en train de sortir de leur torpeur. Ils commencent à percevoir les dangers multiples qui menacent notre pays : appauvrissement peut-être brutal, en tout cas considérable et violences venant de l’extérieur ou de l’intérieur du pays, physiques, morales et spirituelles. Avec, en bout de course, un risque non négligeable d’asservissement de notre pays.


Lucidité et sang froid

Ma réaction première est de les encourager à cultiver cette nouvelle lucidité, non pour paniquer ou désespérer, attitude contraire à celle d’un catholique convaincu, mais pour s’armer en vue d’une période qui s’annonce difficile. Elle s’annonce en effet pleine de dangers, à la fois divers et imbriqués les uns dans les autres, aggravés par les orgueils idéologiques, les volontés de puissance, les égoïsmes sacrés, la médiocrité des dirigeants politiques, les intégrismes religieux et les systèmes mafieux. Dans les périodes dangereuses, – j’ai vécu toute la dernière guerre mondiale, en ayant l’âge de raison dès avant la déclaration de guerre –, il faut de la lucidité et du sang-froid, ce que j’ai pu admirer chez mes parents. Et, comme la grâce ne fait jamais l’économie de la nature (saint Thomas d’Aquin), il convient de mobiliser sa volonté, de prendre des décisions, d’agir résolument dans le plus grand réalisme.


La grâce au secours de la nature

Reste que la grâce vient au secours de la nature (le même saint Thomas d’Aquin), que le besoin de cette grâce va devenir crucial et qu’il est urgent de l’implorer. Là encore, l’exem­ple de ma famille, parents, frères et sœurs – je suis le « petit dernier » – me permet d’affirmer que la prière et les sacrements ont été déterminants dans cette période de guerre mondiale 1939-1945. Force m’est de constater que l’état spirituel et moral de la France, qui n’était pas brillant en 1939, s’est considérablement aggravé depuis 50 ans. Il ne faudrait pas que les prémices de renouveau spirituel et moral, qui se manifeste dans les « générations JMJ », masquent la réalité sociologique d’un matérialisme omniprésent, d’un amoralisme dont l’avortement banalisé est un signe fort de culture de mort, d’un appauvrissement culturel qui empire d’année en année.
Les Catholiques français se doivent de donner l’exemple de la pratique des conseils évangéliques, pauvreté en esprit, chasteté et obéissance au magistère de l’Église. Il y a une grande marge de progrès, tant sont grandes l’ignorance, la reche­che de soi, la superficialité et l’habitude du moindre effort.


Magistère, année de la Foi, nouvel élan évangélisateur

Et puis, il y a cette maudite contamination de la pensée unique, ce pacifisme bêlant qui empêche la confrontation des points de vue, cet affectif sirupeux qui empêche la vérité d’être unie à la charité. Comme jadis dans le peuple juif, il y a, Dieu merci, un « petit reste », dont l’héroïsme, je n’en doute pas, jouera un rôle non négligeable dans le renouveau de la France. Mais ce petit reste a grand besoin de se dilater, de s’étoffer, de se renforcer. La nouvelle évangélisation se doit de nourrir la foi des convertis ; les Cours Alpha ne servent qu’à briser des préjugés pesants, ils sont utiles mais notoirement insuffisants s’il n’y a pas de suite. Benoît XVI a pris l’heureuse initiative d’une Année de la foi et l’anniversaire du concile Vatican II peut permettre de faire la promotion de ce que ledit Concile a réellement proposé. C’est en tout cas mon vœu le plus cher.

Père Y. Bonnet
 
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