Père Yannik Bonnet

Que dire sur la laïcité ?

La loi naturelle est le terrain d'entente d'une saine laïcité...



Brassage et choc des cultures.

Que dire sur la laïcité ?
 
C’est la question que me pose récemment au téléphone une contemporaine (de deux années plus jeune). Sur le sujet, elle entend toutes sortes d’affirmations, aussi péremptoires que contradictoire entre elles, dans les milieux catholiques qu’elle fréquente. De fait la question est délicate, car le XXe siècle a été le théâtre d’une mini guerre civile, douloureuse pour les catholiques français. ( Il faudrait refaire l'historique du catholicisme social, de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, du ralliement sur le conseil des papes, etc). Le conflit s’est achevé par un armistice, sans que soit instaurée une paix véritable assise sur les besoins fondamentaux de la personne mais qui a vu se développer la Doctrine Sociale de l'Eglise en réponse.

La question est également rendue sensible par la mondialisation, le " choc des cultures" qui n'est plus confiné dans les livres ou les cercles idéologiques mais dans le brassage quotidien des cultures.

Se référer à la Doctrine Sociale pour mieux se situer face à la question de la laïcité.

Que dire sur la laïcité ?
Toutes les réponses, dont a besoin mon interlocutrice pour pouvoir dialoguer en vérité avec les catholiques de son entourage, sont données par l’enseignement du magistère et font partie de la doctrine sociale de l’Église. Malheureusement la majorité de nos coreligionnaires les ignore et cette ignorance n’est pas circonscrite aux laïcs, elle concerne également nombre de clercs. Bien pis, certains de ces derniers contribuent à répandre chez les fidèles des idées fausses, constamment dénoncées par les papes de l’époque moderne depuis le début du XIXe siècle, avant même la première encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, qui inaugura en 1891 cet enseignement social de l’Église.
 

La laïcité que désire l’Église laisse à l’État tout son rôle temporel et ­l’État doit faciliter à l’Église tout son rôle de « Mère et Éducatrice des hommes » au sein de la société civile.

Que dire sur la laïcité ?
Je me propose donc, dans les limites de cette chronique, de clarifier pour mes lecteurs quelques positions essentielles de l’Église catholique en la matière. Tout commence par la reconnaissance du rôle irremplaçable de l’État. La vie privée est, en effet, conditionnée par la vie publique, car l’amour du prochain est difficile quand ne règne pas la paix civile, la concorde entre les personnes. Le Créateur a voulu, nous dit l’Église, cette souveraineté de l’État, chargé de régler la vie sociale, pour permettre aux citoyens leur légitime développement personnel, physique, intellectuel et moral, dans l’ordre temporel, et leur faciliter l’atteinte de leurs fins surnaturelles. L’État a donc la prérogative, noble mission, de faire converger les activités et initiatives privées vers le bien commun.

Mais comme l’a dit Benoît XVI, dans Caritas in Veritate, les droits de l’homme ne trouvent pas leur fondement « dans les délibérations d’une assemblée de citoyens ». C’est le Créateur qui a voulu la nature humaine telle qu’elle est immuablement, et la limite de l’autorité de l’État est donc le respect de cette loi naturelle voulue par Dieu. « Cette loi morale universelle, ajoute Benoît XVI, est le fondement de tout dialogue culturel, religieux et politique. » Le droit à la liberté religieuse, encore rappelé par Vatican II, ne signifie pas que toutes les religions sont équivalentes : « Un discernement approprié est nécessaire », « toutes les cultures ont des pesanteurs, dont elles doivent se libérer » et la foi catholique peut les y aider. La laïcité que désire l’Église laisse à l’État tout son rôle temporel et ­l’État doit faciliter à l’Église tout son rôle de « Mère et Éducatrice des hommes » au sein de la société civile. 

Père Y. Bonnet
 
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