Père Yannik Bonnet

Pourquoi deviennent-ils des casseurs ? Père Y. Bonnet



Pourquoi deviennent-ils des casseurs ?
En bas de la troisième page de mon quotidien local, au même niveau, deux articles côte à côte. Le premier est celui d'un témoin  qui a suivi discrètement un important groupe de casseurs dans une grande ville de l' ouest, grâce à son "uniforme " ( sweat à capuche ), pendant pas loin d'une heure, un soir vers 21 h. Le second article émane d'un journaliste  dont le coeur est celui d'un déçu du quinquennat en cours.

Le premier témoignage est éminemment intéressant. Premièrement les casseurs paraissent remarquablement organisés et disciplinés. Ils agissent sur ordre lancé par leurs meneurs, des mots codés indéchiffrables pour le non initié. En second la casse est sélective, vitrines d'agences bancaires, boutiques de luxe, voitures de grand standing.... Tertio, aucun vol n'est commis  malgré les occasions évidentes.

Les casseurs proprement dits sont équipés de marteaux et barres de fer et sont entourés (et "couverts") par leurs équipiers à chaque épisode de casse. Manifestement certains ne sont pas familiers de la ville en question, d'autres s'étonnent de ne pas rencontrer de "flics". A un moment donné, la consigne est de stopper et certains enlèvent des vêtements noirs qu'ils rangent rapidement dans leur sac à dos, avant de se mêler aux promeneurs locaux.

Ce témoignage de première main a été recueilli par un correspondant du journal  qui le signe. Je lis alors le commentaire du journaliste politique, assez médiocre à mon avis. Comme la ville compte de nombreux étudiants, il compatit à la déception des jeunes " pour qui réussir ses études garantissait une promotion sociale ". Il ajoute " depuis longtemps ce n'est plus le cas ", sans se poser de questions sur le niveau d'un enseignement secondaire qui ne prépare plus qu'une minorité à la possibilité de se former aux filières supérieures, qui intéressent le monde du travail. Il se borne à déplorer la " faiblesse d'un socialisme fatigué, initiateur de la réforme de trop ", l'indécision du pouvoir qui " complique tout " et appréhende le risque de l'escalade, appréhension justifiée au demeurant.

Manifestement, il rêve encore d'un socialisme idéal, comme d'autres d'un libéralisme idéal, mais ces deux matérialismes condamnés par la doctrine sociale de l' Eglise ne retrouvent, l'un comme l'autre, d'attrait électoral que grâce à l'échec de l'adversaire, au grand dam du citoyen de base régulièrement déçu par les conséquences ultérieures de son vote.

Je plains de tout mon coeur ceux de mes concitoyens qui sont dépourvus de l'Espérance chrétienne, du réconfort des sacrements et de la prière. Le spectacle donné par les professionnels de la politique, beaucoup plus préoccupés de leur réélection que de la quiétude de leur conscience morale, idéologiquement dépendants du mondialisme financier athée, doit sérieusement affliger les incroyants de bonne volonté. Cela fait longtemps que je suis touché par la montée du suicide et le fait que les agriculteurs en soient victimes de façon croissante me bouleverse particulièrement. Leur métier, rude par nature, a été dévoyé par une réglementation technocratique perverse , cela pendant que la déchristianisation des campagnes rencontrait moins de résistance que dans les villes. Les villes ont été contaminées les premières mais ce sont elles qui ont amorcé le renouveau : Dieu veuille qu'il ne soit pas trop tardif.

Père Y. Bonnet
Admin



Transmettre un bagage solide. | Nos actions. | Les Fondamentaux de l'éducation. | Les Fondamentaux de la Doctrine Sociale. | Les Fondamentaux de la Foi. | Solidaires dans l'éducation de tout l'homme. | Solidarité Espace Donateurs | Anthropologie | Boutique AESmag | Observatoire



Inscription à la newsletter