Père Yannik Bonnet

Pour une vision plus large du bonheur !

Troisième partie de notre explication de l'encyclique.



Un constat : il y a mieux !

Pour une vision plus large du bonheur !
En introduisant au chapître III de l'encyclique ce premier chantier, proposé aux catholiques et aux hommes de bonne volonté, le Pape rappelle que tous les dévoiements sociaux, politiques, économiques et éducatifs, sont des conséquences de la rupture originelle de l’homme avec son Créateur. L’orgueil de l’homme moderne le pousse à refuser toute référence morale, à confondre bonheur et bien-être matériel, à permettre aux pires injustices de proliférer alors qu'il y a bien plus à découvrir dans la catégorie du bonheur.
 

La voie de l’amour dans la vérité

Pour une vision plus large du bonheur !
Au rebours, la voie de l’amour dans la vérité, en privilégiant l’expérience du don permet à l’homme de réaliser sa dimension transcendante, de découvrir l’espérance chrétienne et d’explorer la voie du développement humain intégral, qui exige de conjuguer l’initiative créatrice et la solidarité. La logique du don, issu de l’amour divin, prend en considération le principe de gratuité, dépasse la justice sans l’exclure et permet de parvenir à une authentique fraternité. 
Avec réalisme, le pape reconnaît la nécessité du marché, lieu de rencontre des acteurs économiques, qui règlent les échanges de biens et services par contrat. La justice commutative permet le respect des droits du client et du fournisseur. Le marché est bénéfique, s’il n’est pas fondé sur les seuls intérêts égoïstes, mais il ne peut produire la cohésion sociale, dont il a besoin pour bien fonctionner. La justice distributive remplit, elle, ce rôle social. 

La doctrine sociale de l’Eglise va plus loin

La doctrine sociale de l’Eglise va néanmoins plus loin que l’exigence de justice sociale, elle estime qu’au sein même de l’activité économique normale peuvent et doivent se nouer des relations d’amitié, de solidarité, de réciprocité, fondées sur le principe de gratuité et la logique du don. 
 
Pour ce qui concerne les exigences morales, qui doivent régir l’économie pour le service de l’homme, le pape constate que toute décision économique a, dans ses conséquences, un caractère moral, qu’il s’agisse de découverte et d’exploitation des ressources naturelles, de leurs transformation, commercialisation et consommation, du financement de chacune des phases. 
 
Naguère, la sphère politique pouvait veiller à la justice distributive après le cycle des phases économiques, mais celles-ci ne sont plus confinées dans les limites territoriales des gouvernements. C’est à chaque étape et dès le début du cycle économique, que la justice distributive doit être respectée et que place doit être faite aux acteurs qui ne s’enferment pas dans la seule logique du profit. 
 
 

Le rôle de la société civile

Dès lors, comme l’avait déjà remarqué Jean-Paul II (Centesimus Annus, ) la société civile doit prendre place dans le système économique, car elle est plus appropriée que l’Etat et le marché à faire régner la fraternité et à promouvoir l’esprit de gratuité. La solidarité ne peut être l’apanage de l’Etat seul comme le démontre le phénomène de la mondialisation. Trop souvent, d’ailleurs, le marché et l’Etat s’accordent pour perpétuer le monopole de leurs « territoires » de pouvoir au détriment du souci des citoyens et de la solidarité. L’économie, alors, cesse d’être facteur de civilisation. 

Entreprise, Etat et responsabilité sociale

Pour une vision plus large du bonheur !
Le monde de l’entreprise est lui-même contaminé, perd son caractère de cellule de société devient totalement soumis aux investisseurs par l’intermédiaire d’une classe cosmopolite de « managers », eux-mêmes dépendants de fonds anonymes d’investissement, qui fixent leur rémunération. L’extrême mobilité internationale des capitaux, la logique du seul profit et l’emploi spéculatif des ressources financières font perdre à ces entreprises le sens de leur responsabilité sociale.  
 
Et pourtant, ajoute le Pape, l’action d’entreprendre a une signification polyvalente et non monovalente. Sa fonction est d’abord humaine, car tout travailleur est potentiellement créateur, capable de travailler comme « s’il était à son compte ». En outre, l’entreprise doit cultiver le sens du bien commun, national et international. Enfin, elle doit se prêter aux échanges entre entreprises profitables et entreprises qui servent le bien commun sans rechercher le profit. 
 
Quant à l’Etat, son autorité politique exige une construction juridique, administrative et constitutionnelle solide. Il ne doit pas exclure d’autres acteurs dans les domaines culturel, social, territorial et religieux. Il doit se comporter en partenaire d’une économie « civilisée« . 
 
En conclusion, la mondialisation en soi n’est ni bonne ni mauvaise. Pas de pessimisme ni de fatalisme par rapport à son état actuel. Il faut corriger ses dysfonctionnements et favoriser une culture du respect des personnes, du sens communautaire, la garder par la charité et la vérité, l’ouvrir à la transcendance, au lieu de laisser les pays développés profiter des richesses potentielles des pays pauvres. 


père Y. Bonnet
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