Père Yannik Bonnet

Merci à François Hollande d'avoir suscité ( involontairement) un sursaut de santé morale...et autres motifs de satisfaction. P. Y. Bonnet



Quels motifs de satisfactions ?

Je précise tout de suite que j'écris cette chronique après le premier tour des élections mais également que mes motifs personnels de satisfaction ne sont probablement pas ceux de la majorité des satisfaits du résultat de ce scrutin.

En effet, nombre de mes compatriotes se réjouissent parce que la claque reçue par le Président et ses fidèles vient de ce que François Hollande s'est focalisé sur le changement de civilisation, au lieu de mobiliser ses troupes à redresser l'économie, à maintenir le pouvoir d'achat, à stopper l'augmentation du chômage. Personnellement, je suis au rebours ravi que le Président ait témoigné qu'au sommet de l'Etat, celui qui en a la charge doit être le gardien des valeurs permanentes, essentielles à la personne humaine, qui assurent une base stable à la vie politique en la vouant au Bien commun. Involontairement, bien sûr, en voulant imposer un ordre contraire à l'ordre naturel, il peut avoir rendu à nos compatriotes le service de commencer à réaliser que les alternances au sommet de l'Etat de personnages, élus sur des ressentis largement provoqués par le déferlement médiatique et sans convictions autres que leur arrivisme et leur égo surdimensionné, s'opposent à un travail politique cohérent dans la durée. 

 




Il restera évidemment à mettre en place un mode de désignation de celui qui incarne ce Bien commun de façon que le respect de l'ordre naturel, de ce mode d'emploi de la personne humaine, accessible à la raison, soit intangible. Merci donc à F.Hollande d'avoir, en voulant contraindre les Français à adopter l'idéologie des "Lumières", d'avoir suscité une réaction de "santé morale", prémices d'une future union autour des valeurs portées par les racines chrétiennes de la France.

 

Mon deuxième motif de satisfaction réside dans le rejet d'une classe politique qui, majoritairement, à gauche comme à droite, se disait européenne, en prônant un type de projet politique contraire à la tradition française de l'Etat-Nation qui, avant la centralisation amorcée par Louis XIV et imposée en force par les Jacobins, respectait le principe de subsidiarité sans en énoncer la définition et permettait une vraie démocratie.

Or, dit le Concile dans " Gaudium et Spes", il faut respecter l'originalité des traditions politiques des peuples. Le mode de fonctionnement de l'Europe même avant la déferlante mondialiste, financière et athée, était beaucoup plus proche de la tradition de l'Empire Romain dans ses conceptions du droit que de la tradition Etat-Nation de la France. Il est aujourd'hui technocratique, incontrôlé par les européens et ... contraire à l'ordre naturel. Il suscite une méfiance grandissante et j'en suis fort aise.

En outre, le Président français a bien montré, en affichant un virage social démocrate, que l'opposition droite-gauche est factice, que le libéralisme des uns et le socialisme des autres ont en commun leur matérialisme, que ces deux économismes sont tous deux étrangers au respect de la personne humaine, l'un par l'individualisme qu'il engendre, l'autre par l'étatisme collectiviste qu'il installe. La montée du front national ne procurera aucune solution à nos difficultés car ses responsables n'ont pas de fond commun anthropologique.

Seule la Doctrine sociale de l'Eglise donne les pistes du renouveau souhaité par nos compatriotes et je me réjouis de sentit un "frémissement" d'intérêt pour cette belle doctrine, inconnue de nos coreligionnaires. Comme vous le voyez, ma satisfaction n'est pas du même ordre que celle des politiciens professionnels ni des naïfs qu'ils manipulent.

Père Y. Bonnet

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