Père Yannik Bonnet

Lumen Fidei : le salut par la Foi et la forme ecclésiale de la Foi



Se justifier par son propre agir.

Lumen Fidei : le salut par la Foi et la forme ecclésiale de la Foi
d'autres textes du Pape François et de Benoît XVI parlent de cette attitude : le pélagianisme, les oeuvres humaines, y compris les bonnes oeuvres, ne sauvent pas. Voir par exemple ici, un des sermons du matin de pape François à ce sujet.

"Ce que saint Paul refuse, c’est l’attitude de celui qui veut se justifier lui-même devant Dieu par l’intermédiaire de son propre agir. Une telle personne, même quand elle obéit aux commandements, même quand elle fait de bonnes oeuvres, se met elle-même au centre, et elle ne reconnaît pas que l’origine de la bonté est Dieu. " L F § 19 




La nouvelle logique de la foi est centrée sur le Christ.

Un peu plus loin, le sort des oeuvres centrées sur l'agir humain, sur le salut de celui qui se prend pour centre de son salut par les oeuvres, est décrit ainsi :

"Il s’enferme, s’isolant ainsi du Seigneur et des autres, et en conséquence sa vie est rendue vaine, ses oeuvres stériles comme un arbre loin de l’eau. "
 Alors que 
" la nouvelle logique de la foi est centrée sur le Christ. " " Le chrétien peut avoir les yeux de Jésus, ses sentiments, sa disposition filiale, parce qu’il est rendu participant à son Amour, qui est l’Esprit." § 20





Les chrétiens sont un, sans perdre leur individualité.

Le paragraphe qui s'appelle " la forme ecclésiale de la Foi" est emprunt de beauté et de sens : 

 "Et comme le Christ embrasse en lui tous les croyants, qui forment son corps, le chrétien se comprend lui-même dans ce corps, en relation originaire au Christ et aux frères dans la foi. L’image du corps ne veut pas réduire le croyant à une simple partie d’un tout anonyme, à un simple élément d’un grand rouage, mais veut souligner plutôt l’union vitale du Christ aux croyants et de tous les croyants entre eux (cf. Rm 12, 4-5). Les chrétiens sont « un » (cf. Ga 3, 28), sans perdre leur individualité, et, dans le service des autres, chacun rejoint le plus profond de son être."

Lumen Fidei : le salut par la Foi et la forme ecclésiale de la Foi
Soulignons ce " sans perdre leur individualité" de l'unité des chrétiens dans le Christ : la différence avec les systèmes boudhistes est marquée clairement dans cette union vitale du Christ aux croyants et de tous les croyants entre eux. L'individualité conservée dans l'amour et l'unité est propre à la philosophie personnaliste qui sous-tend le christianisme. 

"On comprend alors pourquoi hors de ce corps, de cette unité de l’Église dans le Christ, de cette Église qui — selon les paroles de Guardini — « est la porteuse historique du regard plénier du Christ sur le monde » , la foi perd sa « mesure », ne trouve plus son équilibre, l’espace nécessaire pour se tenir debout. La foi a une forme nécessairement ecclésiale, elle se confesse de l’intérieur du corps du Christ, comme communion concrète des croyants. C’est de ce lieu ecclésial qu’elle ouvre chaque chrétien vers tous les hommes." § 22


De la nécessaire philosophie, on passe à la théologie de l'Eglise, à son historicité, à la perspective de la Parousie : porteuse historique du regard plénier du Christ sur le monde", c'est-à-dire accomplissement , sacrement du salut. (Catéchisme de l’Église catholique , n° 774).


Dans cette partie de l'encyclique, courte mais dense, la perle de la citation de Guardini nous rappelle l'affection de Benoît XVi, lequel au moment de dire adieu aux cardinaux avait fait savoir qu'il emportait à Castel Gondolfo les écrits de Guardini...( voir sur ce bel article du journal La Croix ce rappel qui certainement était lié aussi à lécriture de l'encyclique.)

Josefa Petersky
Admin



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