Père Yannik Bonnet

Le prêtre et le mariage : une mission pas facile !



Comment accueillir certaines demandes du sacrement de mariage ?
Un ami prêtre , proche de la cinquantaine , me pose cette embarrassante question. Comme beaucoup de ses confrères de la génération postérieure à la grande crise, il porte la lourde responsabilité de nombreux clochers, à laquelle s'ajoutent les missions et enseignements qu'un évêque, heureux de disposer d'un prêtre bien formé, lui confie.

Régulièrement il voit arriver un couple, déjà en ménage, éventuellement pourvu d'enfant(s), demandant le sacrement de mariage sans bien savoir de quoi il s'agit, ce que révèle ce premier entretien. Il sait qu'il ne pourra pas accorder à ce couple tout le temps qui serait nécessaire pour l'amener dans un premier temps  à prendre de conscience de son état d'impréparation à l'accueil dudit sacrement, pour lui proposer ensuite de cheminer dans la durée en recevant la formation religieuse et humaine adéquate.

Bien sûr , il existe depuis longtemps dans son diocèse, une journée de préparation au mariage : son contenu est résolument psycho-sociologique, occulte la question de la contraception, édulcore celle de l'avortement et, d'une manière générale toutes celles qu'un enseignement doctrinal simple mais complet permettraient de clarifier sans ambiguïté. En outre , les mauvaises habitudes sont prises, dit-il , quand les couples viennent nous voir, ils ont déjà choisi le lieu de la " fête ", le traiteur , la date du mariage et ils sont prêts à changer d'église pour que la cérémonie religieuse, avec robe blanche , s'inscrive dans leur programme profane...alors que faire ? D'autant, précise -t-il, qu'entre prêtres du même diocèse, nous sommes loin d'avoir des vues convergentes sur le sujet. Dans l'état actuel des choses , je ne vois pas de solution satisfaisante. Je sais très bien, me dit-il, qu'un prêtre a le droit de refuser à un baptisé l'accès au sacrement de mariage à la date que ce baptisé a fixé de son propre chef mais je sais aussi, par expérience, que ce baptisé trouvera un prêtre pour lui donner satisfaction, avec peut-être une préparation encore plus médiocre !
Que lui dire ? j'avais moi-même, quand j'étais en paroisse , été confronté à ce type de situation et, par deux fois, refusé d'accepter la date de mariage proposée par le couple. Avec le recul , je pense que j'aurais peut-être dû le faire plus souvent. Depuis que j' habite la côte bretonne , le problème est différent mais pas plus simple car nombreux sont les couples  qui habitent très loin et souhaitent se marier dans la région de leurs vacances. Il est souvent impossible de les préparer soi-même pour des raisons de disponibilité, de transport et de coût. Il faut alors faire confiance à une préparation dont il n'est pas facile de vérifier la pertinence. Comme je l'ai dit à mon confrère, il semble que l'assemblée épiscopale française ait perçu la nécessité de prendre en compte cette épineuse question de la préparation au mariage et je m'en réjouis.

Le défi est immense car notre pays est profondément paganisé avec un taux de baptisés en chute libre. Quant aux baptisés, même confirmés et scolarisés dans l'enseignement catholique, ils ont majoritairement reçu une indigente formation religieuse comme j'en ai encore récemment fait la triste constatation. Avec mon confrère nous avons conclu qu'il fallait garder l'Espérance et prier avec ferveur pour que l'Esprit-Saint inspire nos évêques.

Père Y. Bonnet
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