Père Yannik Bonnet

Le management des hommes pour être heureux au travail.



Le management des hommes pour être heureux au travail.
C’est dans ce domaine que le rôle de l’entreprise est le plus aisé à mettre en œuvre, car il ne dépend que de la volonté du chef d’entreprise, alors que dans les autres, il faut compter avec les concurrents, les clients, les actionnaires, l’état et les collectivités locales, les établissements d’enseignement… C’est la bonne qualité du management qui est pour une bonne part responsable du fait que les salariés se sentent « heureux au travail ». Ce bien être a un impact social important, car le temps de travail compte dans une journée ; un travailleur heureux le rayonne, quand il sort du travail, et donne à ses enfants une image positive de sa vie professionnelle. Au rebours, un travailleur peut être bien payé et donné une image négative de son entreprise, s’il s’y sent peu considéré. Pour résumer, le management des hommes comporte trois volets essentiels :  

1) Les besoins communautaires de l'homme.

Le premier concerne les besoins communautaires de l’homme. L’entreprise rassemble des personnes, qui ont été recrutées pour leur aptitude à tenir un poste, occuper une fonction, exercer l’autorité hiérarchique. Ce rassemblement peut rester un agrégat sans âme, peut devenir le théâtre d’affrontements permanents, ou bien à l’inverse devenir une vraie communauté, une fédération d’équipes soudées entre elles et elles-mêmes solidaires en « interne ».

2) Déléguer, décentraliser.

Le second est relatif à la répartition des pouvoirs au sein de l’entreprise, et là on doit se laisser guider par le principe de subsidiarité, qui s’applique aussi bien au sein des macrostructures (l’Etat par exemple vis-à-vis des corps intermédiaires et des familles) qu’au sein des microstructures comme l’entreprise (ou la famille…ou la paroisse !). En termes de management, cela s’appelle déléguer quand il s’agit d’une relation simple chef-subordonné, cela s’appelle décentraliser ou déconcentrer les pouvoirs quand il s’agit d’organiser une structure plus complexe (une usine, une entreprise). Ne jamais confier l’exercice d’une responsabilité à un niveau hiérarchique si un échelon inférieur est capable de le faire

3) Le développement de l'être humain est considérable...quand il se sent considéré!

Le troisième volet concerne le développement des personnes elles-mêmes (chacune étant un « être unique ») pour que, compte tenu de leurs dons, limites, goûts, motivations, ambitions légitimes, elles puissent précisément accroitre progressivement leur capacité à exercer des responsabilités, à être investies de pouvoirs, même si leur fonction n’est pas hiérarchique. Les possibilités de développement personnel des êtres humains sont considérables… quand ils se sentent considérés ! Il n'est pas bon de laisser les personnes sans leur donner la possibilité d'évoluer. Un travailleur qui stagne sera malheureux, un travailleur qui se forme, s'améliore, se perfectionne, transmet son savoir, devient productif, inventif...et heureux !

L'homme sujet de l'économie et non pas objet : clé du management efficace et durable.

Les besoins communautaires de l'homme
Les besoins communautaires de l'homme
Il est clair, comme d’autres observations précédentes nous l’ont fait pressentir, qu’un tel type de management, sur la durée, se révèle en même temps le plus efficace. Mais il est non moins clair qu’il est efficace sur le plan économique parce qu’il ne fait pas de l’économie une fin en soi mais un moyen indispensable. L’essentiel reste toujours l’homme car il est sujet de l’économie et non objet. L’économisme se trompe sur l’homme et, sur la durée, détruit peu à peu l’économie. En management, l’autoritarisme confondant autorité et pouvoirs, caricature l’autorité : on peut détenir beaucoup de pouvoirs et n’avoir aucune autorité. Seule l’autorité, conçue comme un service, permet au management d’unités à vocation économique de prendre toute sa dimension sociale.

L'entreprise, lieu social éminent, par le management des hommes.

Pour conclure sur le rôle de l’entreprise, disons tout de suite que l’entreprise est tributaire du cadre institutionnel, juridique et politique, mis en place par l’état. Elle est tributaire également de la qualité d’éducation donnée par la famille et l’école aux jeunes adultes qu’elle recrute. Corps intermédiaire entre la famille et l’Etat, dans le domaine économique, elle a un rôle propre à jouer en matière de management technique, commercial, financier, pour survivre et, si possible bien vivre. Si les fruits de son action sont abondants, elle doit faire preuve de justice et de prudence pour leur répartition. Mais surtout il est un domaine, qui lui est souverain, où elle peut jouer un rôle social éminent, aux retombées économiques certaines, c’est celui du management des hommes. Cela passe par la volonté du chef d’entreprise et, si celle-ci s’agrandit, par la politique mise en place par le dirigeant, de recrutement et de formation de tous ceux qui auront à exercer un rôle hiérarchique. On constate trop souvent que ces derniers ne sont jugés que sur leurs résultats économiques : que l’on ne s’étonne pas s’il se développe une atmosphère pesante et des conflits sociaux.

La doctrine sociale : rendre les hommes heureux au travail par un management fondé sur les valeurs chrétiennes

Nous l’avons dit, la doctrine sociale de l’Eglise est un trésor mal connu, insuffisamment vulgarisé, rarement enseigné. L’Eglise a, dans ce domaine, un effort considérable à faire pour la diffuser, la rendre accessible à tous, la faire pénétrer dans ses propres écoles et…, dans certains cas, à donner l’exemple de sa pertinence dans ses propres structures. Elle doit également exhorter et inciter les laïcs à être créatifs pour l’application des principes, qu’elle définit mais pour lesquelles elle n’a pas à proposer de solutions « techniques ». Quant à l’Etat, son rôle n’est pas de légiférer sur tout, encore moins d’être « gérant ». Son rôle est d’être « garant », c’est-à-dire de créer le cadre politique, juridique, institutionnel, respectueux de la loi naturelle, pour que l’entreprise puisse exercer toute sa liberté d’initiative sans que cette liberté ne devienne un absolu, car, on le sait bien, la liberté sans frein conduit à la jungle, où les forts mettent à mal les faibles. Au retours, l’Eglise a toujours condamné les systèmes collectivistes, qui confisquent les libertés économiques… et les autres. Ni le jungle, ni le goulag ! Dès lors que l’Etat et l’Eglise jouent leur rôle, l’entreprise peut jouer à fond sur le clavier de cette économie d’initiative, de responsabilité, de service des clients et de respect des actionnaires. Mais qu’elle mette au premier rang de ses préoccupations le management des hommes et toute la société lui en saura gré car l’économie sera prospère et les hommes heureux au travail. Il faut que chaque salarié travaille « comme s’il était à son compte ».

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Le management des hommes pour être heureux au travail.
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