Père Yannik Bonnet

La méthode pour appliquer le principe de subsidiarité.

Application concrète du principe de subsidiarité : conseils pratiques pour le responsable. Quelle méthodologie appliquer ?



Quatre conditions d’ordre méthodologique : 1) fixer le cadre de l'autonomie.

La méthode pour appliquer le principe de subsidiarité.
 
La première condition d’ordre méthodologique consiste donc pour le responsable à bien fixer le cadre de l' autonomie, c’est-à-dire les limites à ne pas franchir. Paradoxalement (en apparence) l’autonomie implique que l’autorité énonce des interdictions ! Car si ces interdictions sont claires, alors tout est permis sauf la transgression des interdictions. Notons au passage que la Genèse dès ses deux premiers chapitres illustre notre propos. Adam et Eve peuvent manger de tout, sauf des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pour nous les domaines d’interdictions, c'est-à-dire de domaines où doivent être respéctés des principes fermes, seront :
 
1- les droits fondamentaux de la personne humaine
2- les lois humaines (à condition qu’elles respectent elles-mêmes les lois divines)
3- les règles spécifiques liées au domaine particulier (hygiène, sécurité etc…)
4- les interdits élaborés par le responsable pour protéger sa sécurité personnelle de responsable, à savoir que les erreurs éventuelles de son subordonné ne le mettent pas dans une situation impossible à redresser.
5- les interdits « organisationnels ». (c’est un tel qui fait cela, interdit d’aller marcher sur ses plates-bandes)

2) Clarifier la mission, en échangeant et en vérifiant que le contenu de la mission est assimilé.

La méthode pour appliquer le principe de subsidiarité.
La deuxième condition d’ordre méthodologique consiste à clarifier, autant qu’il est nécessaire, la contribution attendue du subordonné au bien commun dont le supérieur a la charge. Le subordonné a une mission à remplir, qui lui est confié par le supérieur. L’autonomie légitime ne consiste pas à se donner soi-même toute sa mission. Au moins une partie de la mission « vient d’en haut ».
La famille elle-même n’est pas libre d’éduquer ou de ne pas éduquer les enfants mis au monde. Elle a le devoir de le faire (ce qui lui crée des droits vis-à-vis de la société) et, de ce fait, la société la reconnaitra responsable, dans les cas graves, des déficiences de cette éducation. Très souvent il y a défaut de clarification de la mission, ce qui peut amener le subordonné soit à faire n’importe quoi, soit à ne rien faire, soit à empiéter sur le domaine de son chef. Notons ici que l’information ne suffit pas, il est indispensable qu’il y ait échange, vérification que le subordonné a bien assimilé le contenu de sa mission.

Discerner correctement, prudemment et progressivement les capacités.

La méthode pour appliquer le principe de subsidiarité.
La troisième condition d’ordre méthodologique consiste à s’interroger sur les capacités (de tous ordres) du subordonné pour proportionner l’autonomie à ses capacités. On l’a vu, le principe de subsidiarité vise à donner l’autonomie maximale et cet objectif doit rester la cible à atteindre, même si la prudence exige, dans tel cas particulier, de la restreindre si la situation est trop dangereuse ou de la limiter, pour un temps, le temps justement que le subordonné « grandisse » sous l’autorité bienveillante de son chef.
Cette troisième condition interroge vigoureusement tous les responsables de communautés humaines en terme de : 
 -lucidité sur les capacités humaines et les limites de leurs subordonnés 
 -aptitude à former les dits subordonnés (tout chef doit être formateur, lui-même et également par personne interposée) 
 -aide au subordonné pas encore totalement autonome non pour le maintenir en dépendance mais pour contribuer à son progrès dans l’autonomie.

4) Contrôler judicieusement l'usage qui est fait de l'autonomie.

La méthode pour appliquer le principe de subsidiarité.
La quatrième condition d’ordre méthodologique consiste à contrôler l’usage qui est fait de l’autonomie mais toujours à posteriori, jamais en permanence, (ce qui serait un signe de défiance). Certes le temps au bout duquel le responsable contrôle dépend, prudence oblige, des capacités du subordonné mais aussi de l’expérience qu’il a de la responsabilité et du domaine qui lui est confié. C’est d’ailleurs le contrôle qui permettra de sanctionner c’est-à-dire, souhaitons-le, de récompenser les mérites mais aussi, le cas échéant, de punir les fautes c’est-à-dire la transgression des interdictions.

Notons au passage qu’un chef ne punit jamais les erreurs (même une simple réprimande). L’erreur est humaine et elle est source de progrès, si le responsable est pédagogue. L’application du principe de subsidiarité permet justement des progrès rapides car il n’y a rien de plus instructif que de faire une erreur et d’en tirer une leçon, même si cette leçon vient du responsable. Si l’erreur a eu des conséquences graves, c’est que le chef fait, lui, une faute en n’interdisant pas une voie dangereuse et il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. A lui d’interdire désormais la voie en question et, si le subordonné récidive, c’est lui alors qui sera en faute. Errare humanum, sed persevera diabolicum. On voit immédiatement que le contrôle est un élément clef de l’application du principe de subsidiarité, car si le subordonné « triche » en dissimulant erreurs et fautes, la catastrophe est proche. On connaît l'exemple cité par Bill Gates : un de ses subordonnés perd 4 millions dans un mauvais placement et vient le lui avouer en s'attendant à être viré. Il s'entend dire : " Je vous garde. Votre formation m'aura coûté 4 millions, vous ne referez plus cette erreur."
 
Voilà pour les conseils concernant le responsable. N'oubliez pas de lire l'article exposant plus en détail les conditions concernant le subordonné pour une bonne application du principe de subsidiarité !

Père Y. Bonnet
Admin




Le Bien Commun | La Justice sociale. | La destination universelle des biens temporels. | La Loi naturelle. | Le principe de subsidiarité



Inscription à la newsletter