Père Yannik Bonnet

La France peut-elle retrouver son rayonnement de Fille Aînée de l'Eglise ? P. Bonnet



Misérabilisme...n'est pas du Christ!

 

Une telle question mérite d'être à nouveau posée , particulièrement dans le monde ecclésiastique car il me semble qu'il y a eu pendant une bonne cinquantaine d'années une interprétation erronée de la première des Béatitudes ,dont nous ne sommes pas encore sortis. Le bon catholique se devait d'être indigent, inculte, fondu dans le monde, ne défendant pas de convictions, ne prenant jamais le risque d'humilier le prochain en l'enrichissant en quoi que ce soit, ne donnant pas l'exemple par ses actes, a fortiori quand il était nécessaire de s'opposer. Ce n'est pourtant pas l'attitude du Christ tout au long de sa vie publique, son esprit de pauvreté, sa douceur, son humilité, ne le conduisent nullement à ce misérabilisme qui débouche inéluctablement sur la non assistance à personnes en danger. Le Christ aime les pécheurs, mais Il déteste le péché. La mansuétude  dont Il fait preuve face à la Samaritaine, à la femme adultère, à Zachée ou à Marie-Madeleine  ne laisse aucune place à une complaisance envers leurs comportements passés.


Assez de la fausse pauvreté!

 Il est venu pour rendre témoignage à la Vérité par Amour pour les hommes et Il le fait  avec autorité, ce qui impressionne favorablement ceux qui sont ouverts à la Bonne Nouvelle et dérange les "mauvais bergers". Il " ne lâchera rien " ce qui le conduira à la Croix. La fausse pauvreté, qui a été inculquée aux catholiques de France, a révolté les uns, ramolli les autres, dégoûté ceux de " l'extérieur " qui étaient à évangéliser. La jeunesse a besoin qu'on lui communique l'ambition de la sainteté, de l'héroïsme, du service, de l'enseignement, de la compétence professionnelle. Il y a un sain élitisme, qui vise à tirer le meilleur de ce qu'on a reçu de Dieu  pour être " le sel de la terre " et " la lumière " du monde. Cela concerne toutes les classes sociales, toutes les professions, tous les domaines de la vie spirituelle, morale, culturelle, artistique, politique, socio-économique, professionnelle, sportive ....

 


Aimer sa patrie, c'est être convaincu que la Fille aînée de l'Eglise a reçu du Ciel une mission éducative.

Il me parait urgent, pour que notre jeunesse catholique contribue au renouveau de la France, qu'elle soit élevée dans cette ambition de servir au mieux, ce qui passe par cette exigence " élitique " que la profondeur de la vie spirituelle rend parfaitement compatible avec l'esprit de pauvreté évangélique. Bien sûr, la famille joue un rôle capital pour lancer cette conversion des mentalités mais elle a besoin de l'appui d'une école catholique, digne de ce nom , et d'homélies roboratives, stimulantes, enthousiastes et remplies d'amour pour la France.

Aimer sa patrie, c'est être convaincu que la Fille aînée de l'Eglise a reçu du Ciel une mission éducatrice, qu'être français crée des devoirs, qu'il faut être apte à les remplir par amour des autres nations. J'ai eu la grâce d'être élevé dans cet esprit en famille, dans l'enseignement catholique, et dans les églises ...jusqu'à fin 1957 ! Et le choc reçu en découvrant à Lyon un clergé " en connivence avec le marxisme ", comme devait le dire Mgr Decourtray près de trente ans plus tard dans une interview qui fit quelque bruit à l'époque, ne m'a heureusement pas transformé. Mais j'ai souffert de voir mes propres enfants privés de cet apport complémentaire donné par des enseignants réellement catholiques et des homélies nourrissantes. Je remercie Dieu de m'avoir donné santé et pugnacité, et par Marthe Robin interposée, de m'avoir injecté une solide dose d'Espérance  pour que je puisse encore oeuvrer pour ma chère patrie et ses enfants, qui ont pâti de malnutrition spirituelle et culturelle .

P. Y. Bonnet
Admin



Conversion de la France



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