Père Yannik Bonnet

L'état pastoral de la France. P. Y. Bonnet

A l'heure où le sursaut commence et où l'on se mobilise pour la Famille, petit tout d'horizon sur l'état pastoral de la France.



Fixer les priorités

La Manif pour Tous.
La Manif pour Tous.

Que faire ? Cette question, Lénine se l’est posé en son temps comme se la pose tout responsable confronté à une situation difficile, dangereuse, voire inextricable à vue humaine. Si j’en crois la constitution dogmatique Lumen Gentium du concile de Vatican II, les évêques ont une fonction de gouvernement pastoral, un « pouvoir qu’ils exercent personnellement au nom du Christ » (Lumen Gentium, n. 27). Le texte poursuit quelques lignes plus bas qu’ils « sont pour les peuples qu’il dirige des chefs ». Que je sache, un chef, chargé d’un gouvernement, ne se contente pas de gérer les affaires courantes, quand il y a le danger qui menace son domaine de responsabilité. Il réagit, réunit les personnes les plus aptes à lui apporter un soutien compétent et moralement solide, il fixe les priorités et décide des actions à mener pour surmonter le péril, contrôle l’exécution du plan élaboré, évalue les résultats obtenus et effectue les corrections nécessaires.


Dignité du mariage et de la famille, essor de la culture, importance du catéchisme.

Or, ce n’est un secret pour personne, l’état pastoral de la France n’est pas brillant, si l’on s’en tient aux deux questions considérées par le concile de Vatican II comme les premières urgences désignées par les Pères conciliaires dans la constitution Gaudium et Spes, à savoir la dignité du mariage et de la famille ainsi que l’essor de la culture. Et ce n’est pas le climat politique récent qui risque d’améliorer le contexte dans lequel nous allons vivre concernant ces deux domaines.

On peut donc et on doit s’interroger sur l’état des fondations que sont la catéchèse des enfants, des jeunes et des adultes, d’une part et l’école catholique, d’autre part. Comme dit le psalmiste, « quand les fondations sont ruinées que peut faire le juste ? ». Étant grand-père de vingt-huit petits-enfants, je peux bien mesurer l’indigence de ce qu’ils ont reçu. Dieu merci, j’ai la grâce d’avoir l’espérance chevillée au corps et je prie paisiblement pour les susdits petits-enfants.


Mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’état actuel de la catéchèse et de l’école catholique. Mes pérégrinations hexagonales me font rencontrer beaucoup de grands-parents qui partagent mon souci concernant ces deux domaines considérés comme urgences prioritaires par les pères conciliaires en leur temps. Peut-on dire que la situation s’est améliorée 50 ans après le début du Concile dans notre cher pays ?

Je me permets d’en douter, ayant trop souvent l’occasion de mesurer l’indigence de ce que les jeunes ont reçu comme formation au catéchisme et dans les établissements d’enseignement catholique. Il ne faut donc pas s’étonner qu’ils pratiquent la cohabitation juvénile en toute ignorance de la gravité morale de cette situation et que leur niveau culturel soit indigne de celui d’un pays riche d’un patrimoine exceptionnel comme l’est notre patrie.

C’est peut-être bien le moment, pour ce qui concerne la fille aînée de l’Église, de s’interroger sur l’état de sa catéchèse et de son école catholique, pour le service des domaines considérés comme prioritaires par le susdit Concile dans Gaudium et Spes à savoir la famille et la culture.

Père Yannik Bonnet

Retrouvez les livres du Père Bonnet sur les sujets d'actualité.
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