Père Yannik Bonnet

L'assistanat, déformation de la justice sociale.

L'assistanat n'est pas une mesure juste, mais une déformation de la justice, en l'occurrence de la justice distributive.



Equilibre entre justice distributive et assistanat ?

L'assistanat, déformation de la justice sociale.
Deux facteurs vont être pris en considération, la contribution de chacun et ses besoins, non pas l’un ou l’autre mais l’un et l’autre. En effet, il serait injuste que la répartition ne tînt pas compte de la contribution de chacun à l’élaboration du bien commun, en économie on a coutume de dire à la croissance du gâteau. Mais les besoins primaires matériels de tous doivent être satisfaits. Même si quelqu’un contribue peu à la croissance du gâteau, il a besoin de pouvoir se loger, se vêtir, se nourrir décemment. Pour prendre un vocabulaire actuel, il ne doit pas y avoir d’exclus. Mais à contrario, il ne faut pas faire des personnes des assistés permanents, qui quémandent sans arrêt sans offrir la moindre contribution au bien commun.  Les articles 57 et 58 de Caritas in Veritate donnent le remède à " l'assistance paternaliste" et à " l'assistanat qui humilie celui qui est assisté", il s'agit du principe de subsidiarité.

La tentation de l'intérêt personnel au détriment des autres.

L'assistanat, déformation de la justice sociale.
Nous reviendrons sur ces questions, quand nous approfondirons les rapports entre la Doctrine sociale de l’Eglise et le monde de l’économie. Bornons-nous pour le moment à préciser que ceux, qui ont à rendre le service de l’autorité et qui donc portent la responsabilité de la répartition du bien commun, doivent comme dit le catéchisme de l’Eglise catholique (n°2236) exercer « la justice distributive avec sagesse, tenant compte de la contribution et des besoins de chacun et en vue de la concorde et de la paix. Ils veillent à ce que les règles et dispositions qu’ils prennent n’induisent pas les personnes en tentation en opposant l’intérêt personnel à celui de la communauté. » 

La justice légale entre en scène.

Mais il y a une autre justice, qui va régler, elle, les devoirs de la personne envers la société. On peut l’appeler justice générale mais on l’appelle plus communément la justice légale car c’est celle qui est relative aux lois. Le législateur juste va élaborer des lois qui seront favorables au bien commun et le citoyen juste se soumettre à ces lois de façon à contribuer à ce bien commun. On voit que toutes ces formes de justice sont complémentaires et veillent au respect des droits de l’homme comme à l’exercice par ces mêmes hommes des devoirs qu’ils ont envers les autres. Résumons-nous : les hommes ont des devoirs envers leur prochain et également envers la société. La société doit veiller à ce que les échanges soient équitables, à ce que chacun reçoive selon sa contribution mais également à ce que chacun puisse recevoir selon ses besoins essentiels, sans souffrir d’exclusion. Aucune des formes de justice ne doit s’opposer aux autres. Comme le dit Simone Weil dans « l’Enracinement »,  quand l’homme se retrouve coïncés entre deux obligations contradictoires, il ressent profondément un malaise, un désordre. C’est en ce sens, que Simone Weil affirme que l’un des besoins primordiaux de l’âme humaine c’est le besoin d’ordre, un ordre qui permette à chacun de faire face à ses devoirs sans qu’il y ait conflit inéluctable entre ces devoirs. La justice sociale est la résultat du respect de cet ordre et de cette harmonie entre les différentes composantes de la Justice.

Père Y. Bonnet
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