Père Yannik Bonnet

Je lutte pour la Justice...commutative ou distributive?

La Justice sociale : théologie morale, justice commutative et justice distributive, des notions importantes mises à la portée de chacun.



Vertu de Justice et théologie morale

Je lutte pour la Justice...commutative ou distributive?
Nous venons de prononcer le mot de justice. La justice est une vertu morale, ce qui confirme bien que la doctrine sociale de l’Eglise relève du domaine de la théologie morale. La justice est même une des quatre vertus que l’on appelle cardinales parce qu’elles sont fondamentales. Cette vertu nous permet une vie sociale harmonieuse car elle nous pousse à rendre à chacun son dû, à faire respecter le prochain, à nous dévouer dans une attitude de service pour faire précisément reculer l’injustice, l’exclusion, le vol, l’oppression, la diffamation etc… C’est la justice qui doit régir les rapports entre les personnes et la société ainsi que les rapports de personne à personne. 
 

Justice commutative et justice distributive

On sait, ou du moins on devrait savoir, qu’il y a deux aspects complémentaires dans l’exercice de la justice ; on parle de justice commutative et de justice distributive. 
Parlons de la première, la justice commutative. Quand il y a un échange entre deux personnes, physiques ou morales, il faut que chacun reçoive l’équivalent de ce qu’il fournit. 
 
L’employeur, par exemple, donnera un salaire et le salarié fournira un travail. Le salarié doit être juste, c’est-à-dire correspondre bien à la valeur de la prestation et non être le reflet d’une prétendue « loi » du marché. A l’inverse, il y a des salariés qui ont tendance à se comporter comme si leur était payée la présence qu’ils ont dans l’entreprise et non le service qu’ils ont à y effectuer en quantité et qualité. Le devoir moral est donc à la fois du côté de l’employeur et du côté du salarié. 
 
La justice commutative traite de ces échanges, qui peuvent être des contrats de travail, des transactions commerciales, des échanges de service, du troc etc… On peut dire que les premières transactions commerciales relevaient du troc. « Tu sais chasser l’aurochs. Je sais tailler le silex. » Echangerais trois silex taillés contre une entrecôte d’aurochs. Quant au marché, il est le lieu où l’on crie les prix pour favoriser la possibilité d’une transaction, faisant correspondre une offre et une demande. Mais on ne saurait, sans injustice, parler d’une loi de marché, qui aboutirait à pénaliser celui qui, pour survivre, serait obligé de brader son offre à prix anormalement bas parce que la demande est faible. 
 
 

Répartition du bien commun : justice distributive

Quand la justice distributive n'est pas respectée, les inégalités sociales augmentent...Un problème de solidarité mondiale.
Quand la justice distributive n'est pas respectée, les inégalités sociales augmentent...Un problème de solidarité mondiale.
Quand nous approfondirons plus spécifiquement le domaine de l’économie, nous y reviendrons : l’Eglise n’est pas contre l’économie de marché, mais elle dit qu’au dessus de l’économie il y a la morale et que les lois entre guillemets de l’économie ne sauraient se situer au dessus ou en dehors de la loi morale. La justice, vertu cardinale, doit s’imposer à l’économie et nous venons d’en aborder un aspect qui est celui de la justice commutative qui règle les échanges entre les personnes. Quant à la justice distributive, autre aspect de la justice, elle va s’inquiéter de la manière dont est réparti le bien commun . 


Père Y. Bonnet.
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