Père Yannik Bonnet

" Femmes plaquées", une urgence pastorale. Père Y. Bonnet



Un phénomène en pleine extension

Que faut-il faire pour aider les femmes plaquées ?

Pour des raisons que j'ignore, je reçois beaucoup d'appels de femmes en plein désarroi à la suite du départ soudain, inattendu, dépourvu de la plus minime attention, d'un époux avec lequel elles ont vécu entre quinze et plus de quarante ans, engendré des enfants, partagé des épreuves et des joies. A leur profonde détresse psychologique, " j'ai été jetée comme une vieille chaussette ", s'ajoutent souvent et très vite des problèmes matériels urgents et insolubles, si l'on n'a pas une famille proche, attentionnée, aisée et disposée à tout faire pour parer au plus pressé.

 


Les ravages du selfisme...

Que le sexe masculin soit souvent caractérisé par la lâcheté et l'égoïsme n'est pas propre à notre époque, mais ce qui est en croissance, c'est l'idolâtrie de soi, le droit sacro-saint à l'épanouissement et à la jouissance, l'irresponsabilité face aux devoirs de père. Les sociologues réalistes constatent l'augmentation tant de ceux qui ne s'engagent pas du tout, que de ceux qui se dégagent malgré leur engagement. Pour ce qui concerne cette seconde catégorie, il ne s'agit pas toujours d'immatures mais également de narcissiques, qui n'ont pas réussi à asservir leur épouse et pensent avoir trouvé une proie plus manipulable.

 

 


Il faut créer quelque chose.

Mon propos n'est pas d'analyser les causes diverses de ces ruptures, d'autres le font mieux que moi. Il est d'attirer l'attention des catholiques, clercs et laïcs, sur le devoir urgent de charité fraternelle que nous devons tous avoir vis à vis de ces femmes, qui cumulent en rien de temps la détresse morale et les difficultés matérielles, se retrouvent face à des charges insurmontables dans l'urgence et à des décisions à prendre seules, sans oublier les créanciers qui font rarement dans la compréhension et la patience!

Dans le cas des femmes, qui perdent brutalement un époux, l'Eglise a su créer un mouvement de veuves pour venir en aide spirituelle et morale à celles  qui en avaient besoin et c'est très bien ainsi. Ce problème des veuves ne m'est pas inconnu pour des raisons familiales mais également pastorales. Mais je crois que la question que j'aborde dans cette chronique est d'une actualité brûlante, les femmes concernées ont des ressources spirituelles, morales, mentales et professionnelles très diverses.

Beaucoup, sur le coup, ne réalisent pas ce qui leur arrive, perdent totalement confiance en elles, ne savent plus quoi dire aux enfants et craquent physiquement. Attention à ne pas nous donner bonne conscience : toutes les familles ne sont pas capables de faire face tous azimuts aux difficultés, les femmes ne sont pas toutes de maîtresses femmes, capables de soutenir le premier choc et de se reconstruire rapidement. Ce n'est pas anodin que la précarité frappe autant de femmes " plaquées " et il serait indécent de juger qu'elles ont manqué de " jugeote " dans le choix du mari.
 

En son temps , l'oeuvre " Mère de Miséricorde " a été créée pour offrir une alternative à la voie de l'avortement. Qui peut contester le bien qu'elle a fait, quand la vérité est en train de percer, malgré toutes les pressions, devant la réalité du redoutable syndrome.

Le moment est venu de créer une oeuvre pour aider les femmes, en priorité les plus démunies à tous points de vue, à passer un cap douloureux . Ce n'est pas à moi de créer cette oeuvre, j'aurai juste quatre vingt un ans quand paraîtra cette chronique! mais je reviendrai dans la prochaine sur ce qu'elle pourrait comporter comme aspects différents et complémentaires.

Père Y. Bonnet

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