Père Yannik Bonnet

Etre heureux au travail : retrouver la santé économique.



Les retours de marge

Etre heureux au travail : retrouver la santé économique.
Primum vivere. On sait suffisamment les drames humains, que déclenche la mort d’une entreprise, pour dire que le rôle de l’entreprise est d’assurer sa bonne santé économique. Nous n’insisterons pas sur tout ce que cela implique en matière de dynamisme commercial mais également de solvabilité des clients, de pertinences des produits et services, de souci de la qualité, de rigueur de gestion, de compétences techniques…etc. Tout cela est bien connu.
 
Nous voudrions insister sur la dimension morale, en termes de justice et de prudence, des retours des marges vers les trois partenaires que sont l’épargnant, le client et le salarié. Nous supposons que donc que l’entreprise est bien gérée et qu’elle est bénéficiaire. Or l’entreprise est redevable de quelque chose à ces trois partenaires. Le client a eu le mérite de la faire vivre, si l’entreprise ne continue pas à améliorer à son égard la qualité de ses prestations, ses prix, ses services annexes, le client lui osera être infidèle à plus ou moins brève échéance. 
L’épargnant a eu le mérite de renoncer à la consommation pour sacrifier à l’investissement, en mettant son épargne dans l’entreprise, il a pris un risque ; on peut donc en toute justice ne lui donner sur la durée que le « loyer de l’argent », qu’il peut trouver partout sans prendre de risques. 

En plus du salaire

Le travailleur, qui a respecté son contrat de travail non seulement à la lettre mais dans l’esprit, c’est-à-dire en apportant créativité et initiative, en acceptant des responsabilités, a en toute justice, droit lui aussi à bénéficier d’un retour de ces fruits de la productivité en plus de son salaire. Il convient à la fois de faire preuve de justice en « partageant » ces fruits entre client, épargnant et salarié, et de prudence à la fois pour garder à l’entreprise une marge de sécurité et pour apprécier celui des trois partenaires qu’à un moment donné il est nécessaire peut-être « d’avantager » pour ne pas le voir partir.La vie de l’entreprise dépend de la fidélité de ses clients solvables, des actionnaires loyaux, de ses travailleurs compétents. 

L’insertion sociale dans l’entreprise et les hommes de terrain.

Etre heureux au travail : retrouver la santé économique.
L’entreprise a un rôle a jouer dans l’environnement social, qui est le sien, surtout si son implantation est importante localement, a fortiori, si le poids des autres entreprises locales est faible par rapport à elle en termes d’emploi. Ceci dit, le rôle de l’entreprise est de chercher à éviter, si cela est possible, de fermer une implantation située dans une zone déjà peu favorisée, mais on ne saurait lui demander de maintenir l’emploi en faisant fi des considérations économiques, qui peuvent en conscience obliger les décideurs à mettre fin à une activité devenue, pour une raison ou une autre, non compétitive dans ce site. Le devoir d’une telle entreprise est d’essayer d’anticiper pour prévenir les à-coups brutaux, les virages à 180° et les prises à contrepied des décideurs politiques…et familiaux locaux. 
 
Tout à fait essentiel, le rôle que l’entreprise (ou le monde de l’entreprise, syndicats professionnels, clubs d’entreprise) doit jouer en matière de formation. Formation au poste de travail, formation professionnelle et technique, formation à la microéconomie, sont les créneaux où ses compétences sont indispensables. Mais elle doit jouer un rôle de conseil et d’information , vis-à-vis des formateurs engagés dans des créneaux, qui ne les concernent pas directement, par exemple la doctrine sociale de l’Eglise ou la formation générale. Il est clair que la doctrine sociale de l’Eglise sera plus crédible, si ceux qui la diffusent ont reçu un appui d’hommes de terrain, notamment pour tout ce qui concerne les liens entre cette doctrine sociale et le monde de la microéconomie. De même pour l’enseignement secondaire général et l’enseignement universitaire, il faut s’interroger sur le contenu des programmes, dont l’utilité parait plus que douteuse à la fois sur le plan culturel, le plan méthodologique et le plan pratique ! Le monde de l’entreprise doit jouer un rôle dans la validation de certains programmes de sciences, totalement inadaptés

Dans notre prochain article, nous verrons la question essentielle du management des hommes, afin d'en faire des hommes de terrain et des piliers de l'entreprise.

Père Y. Bonnet

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