Père Yannik Bonnet

Est-il dangereux d'ignorer son passé ? Père Y. Bonnet



Est-il dangereux d'ignorer son passé ?
Quand on voit l'acharnement dont ont fait preuve certaines personnes pour retrouver leurs racines, on perçoit qu'elles ressentaient ce besoin de " savoir " comme une condition de leur équilibre propre. Ce besoin est peut-être encore plus important pour les groupes humains que pour les individus, car la cohésion d'un groupe relève d'une adhésion au Bien commun, qui reste toujours en lien avec le passé.

Une confirmation de cette hypothèse nous est donnée par le constat que tous les régimes totalitaires s'efforcent de faire du passé table rase, réécrivent l'histoire et n'hésitent pas à nier des événements que des témoignages irrécusables ont solidement établis. Il est clair qu'il est infiniment plus facile de manipuler une population en lui faisant miroiter des lendemains qui chantent, si celle ci ne dispose pas d'une connaissance du passé  qui lui permettrait de comparer en vérité ce passé avec un avenir  lourd de promesses irréalistes.

Dans le cas de notre patrie, force est de reconnaître qu'il y a, c'est visible dans les programmes officiels, une destruction programmée de l'histoire de la France  telle qu'elle s'est déroulée chronologiquement. Ce véritable génocide intellectuel contribue à l'effondrement de " l'ascenseur social " , qui fut longtemps, à juste titre, un motif de fierté national. La création d'écoles hors contrat, et je suis bien placé pour souligner ce qu'elles apportent, ne peut répondre quantitativement au besoin de notre jeunesse. Il faut donc penser à d'autres voies. A mon avis la solution est de l'ordre de la solidarité entre la génération des grands parents et celle des petits enfants, assortie d'une solidarité entre les différents niveaux culturels. Autrement dit, il me parait urgent, pour l'avenir du pays que les retraités disposant d'une solide culture se mettent au service des enfants de milieu culturel modeste pour transmettre les éléments historiques nécessaires pour une cohésion nationale actuellement en chute libre.
La lourde crise économique de notre pays, qui ne va aller qu'en empirant, constituera un facteur favorable en diminuant les possibilités de loisir, en redonnant des réflexes de solidarité, ce qui commence à se manifester. De même les périls urbains vont inciter à une migration des retraités vers la campagne et de nouvelles relations humaines vont s'établir.

Le renouveau chrétien, encore faible en quantité mais pas en qualité, jouera un rôle important. Je me permets de faire remarquer à mes coreligionnaires que notre Dieu sait mieux que nous l'importance de l'histoire pour l'être humain. Ayant choisi Moïse pour conduire le peuple élu, après l'avoir fait sortir d'Egypte, Il lui donne la Loi sur le Sinaï mais également la connaissance de toute l'histoire de l'humanité depuis la Création dans l'état d'innocence, puis le drame du péché originel et la dégringolade de l'humanité, enfin le choix d'Abraham et la première Alliance. Si les Papes de l'époque moderne nous incitent tant à lire la Bible, c'est bien parce qu'il est indispensable de savoir que l'histoire du salut a commencé avec le Peuple Juif et que nous avons beaucoup à apprendre des vicissitudes de nos frères aînés dans la Foi. La connaissance du passé nous aide à vivre le présent et, par les prophètes, le Seigneur nous donne, quand Il le juge utile, un petit coup de projecteur pour faire face à l'avenir. A notre génération de transmettre l'histoire de la Fille aînée de l'Eglise.

Père Y. Bonnet
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