Père Yannik Bonnet

Déstabilisés par la cohabitation juvénile.

Nos jeunes sont déstabilisés par la cohabitation de beaucoup dans leur génération, y compris issus de familles catholiques. Que faut-il leur dire ?



Ne pas se laisser prendre de vitesse par les autres discours

Déstabilisés par la cohabitation juvénile.
Je ne pense pas que ma réponse puisse tenir dans un seul de ces articles ! En tout cas, ma conviction profonde est que le devoir des parents est d’aborder très tôt la question de l’amour homme-femme avec leurs enfants. Comme cet amour voulu par le Créateur prend en compte toute la personne, esprit fait à l’image de Dieu, âme sensible et corps dûment sexué en vue du don de la vie, il est capital que toutes ses dimensions puissent être abordés à l’initiative des enfants comme à celle des parents, sans blocages, tabous, dissimulation et non dit. 
  
Compte tenu des véritables intoxications, potentiellement mortelles pour l’amour vrai, qui sont à la portée de la jeunesse dans tous les médias écrits et audiovisuels, il y a une course de vitesse à ne pas perdre. Première conclusion : les parents doivent être les premiers à aborder la question avec leurs enfants de tout ce qui touche à la sexualité, en prenant bien soin de ne jamais dissocier corps, âme sensible et esprit, et de toujours remettre tout dans la perspective du projet de Dieu sur la personne humaine et la beauté de la relation homme-femme. Contre les blocages, tabous et non-dits, la beauté, la finalité de la vie de couple durable, le respect dans la vérité développent l'amour et la confiance dans l'amour. 
  
Notre époque offre aux parents chrétiens lectures et formations, concernant l’éducation affective et sexuelle des enfants et adolescents, d’une qualité incomparable avec ce qui pouvait être disponible il y a moins d’un demi siècle. 
  
Bien sûr, le témoignage des parents, de leur propre amour, de leur capacité à se demander pardon et à le faire savoir discrètement aux enfants qui ont pu assister à des disputes ou indélicatesses, la manière dont les adultes vont dans leur propre fragilité valoriser leur vie de couple sans cacher leurs faiblesses mais en montrant et disant l'oeuvre de la grâce, tout cela influera durablement sur les enfants devenus en âge de se marier à leur tour. 

Les dangers de la cohabitation juvénile

Revenons à la cohabitation juvénile proprement dite qui est malheureusement devenue la situation prépondérante des jeunes n’ayant pas la vocation du célibat ! Etant majoritairement confronté au problème, quand je reçois une demande de préparation au mariage dans des délais qui permettent de l’aborder avec le sérieux et le temps de cheminement nécessaire, je commence toujours par dire aux intéressés qu’ils ont choisi la plus mauvaise manière de démarrer dans la vie de couple, si tant est qu’ils souhaitent que celui-ci ne soit rompu que par la mort de l’un des conjoints ! Les sociologues scientifiques, ceux qui rendent compte objectivement des faits, sont formels : le taux de rupture des couples ayant cohabité durablement avant de se marier est au moins trois fois plus élevé que dans le cas opposé. 

Un petit livre qui aborde les questions clés

Il est donc utile de leur faire lire l’excellent petit livre de Myriam Terlinden, « cohabiter ou se marier », car il est pour l’essentiel un recueil de témoignages, bien évidemment classés et organisés pour guider la réflexion : il s’agit donc bien, non d’un concept, aussi bon soit-il, mais des résultats expérimentaux de situations variées de cohabitation. Ce qui permet d’aborder les questions clés, celle de l’amour vrai qui implique l’engagement, celle de l’engagement qui est un acte libre, celle de l’essai qui ne protège pas de l’échec, celle de la prudence, celle des expressions de l’amour (sentiments et union charnelle) qui impliquent…qu’on ait compris et intériorisé ce qu’est l’amour et la profonde différence des deux sexes ! cf lien sur le site internet de Myriam Terlinden et sur fiancailles.net 

Déstabilisés par la cohabitation juvénile.
Avec nos jeunes, qui idéalisent facilement le couple, il est capital de leur rappeler que, (comme le disait Lénine !), les faits sont têtus : on n’aime pas l’essai et on n'aime pas à l'essai. La véritable prudence en amour n'est pas l'essai mais la fidélité dans l'engagement, pour autant qu'il n'y ait pas tromperie, mais que toutes les conditions d'un amour solide soient réunies. Qui mieux que l'Eglise et le témoignage des saints canonisés en couple ( pensons aux Epoux Louis et Zélie Martin) peut indiquer en toute sagesse le chemin de la sanctification dans le mariage, la grâce du sacrement et le chemin du bonheur? 

Père Y. Bonnet



Retrouvez les questions/réponses du père Y. Bonnet dans son livre

Déstabilisés par la cohabitation juvénile.
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