Père Yannik Bonnet

Des mots aux réalités en passant par l'éducation. Père Y. Bonnet



Pourquoi le choix des mots est-il si important ?
Cette question m'a été posée par un de mes petits enfants, un peu surpris de l'importance que j'attache à ce choix, particulièrement quand la discussion porte sur des sujets cruciaux, ce qui ne manque pas actuellement.

Comme il m'a entendu évoquer avec irritation les réformes programmées par la ministre de l'Education nationale et les attaques qu'elle a commanditées pour tenter d'empêcher les enseignants non contaminés par l'idéologie pédagogiste de faire leur devoir de transmission des connaissances, il a eu envie d'approfondir la question. Pour lui répondre, j'ai pris dans l' actualité l'exemple du mot " migrant ", qui désigne sans donner de précision quelqu'un qui change de région pour s'établir dans une autre. Le terme d'émigrant, en raison du préfixe e désigne plus spécifiquement celui qui quitte son pays avec l'intention d'entrer dans un autre, ce qui justifiera de le nommer immigrant, s'il y parvient. Aucun de ces vocables, pris isolément, ne signifie pourquoi le sujet s'en va de chez lui ni pourquoi il a choisi une destination. On ne peut donc pas donner de réponse sérieuse au problème réel  posé par l'importance des flux migratoires  sans tenir compte de leurs causes.

On ne peut pas non plus éviter d'évoquer celui des conséquences possibles. Si l'on ne saurait dénier à une personne le droit d'émigrer, il est clair que le Bien commun de chaque nation oblige ses responsables politiques à peser les effets prévisibles de chaque type d'immigration et donc à encadrer le phénomène pour éviter de mettre en danger culture, paix sociale et équilibre économique du pays. Il n'y a donc pas de devoir absolu d'accueillir toute immigration désirée par les émigrants.

L'usage pertinent des vocables utilisés pour parler d'un phénomène comme celui-ci conduit à se poser de nouvelles questions, comme l'a fait Benoit XVI dans " Caritas in Veritate " . L'émotionnel permanent et l'appel incessant à l'affectif  régnant dans les media  incitent à aborder les questions cruciales sans les soumettre à l'interrogation rationnelle, qui exige l'usage d'un vocabulaire précis et adapté. Certes, tous les media n'ont pas pour objectif la désinformation systématique mais majoritairement ils y contribuent en habituant le grand public à fonctionner dans l'émotion et non dans la réflexion.
Il est donc déplorable que la ministre de l'Education Nationale favorise cette dérive inquiétante en détournant les enseignants de français du collège de leur devoir premier de former les élèves à un bon usage de notre langue. En outre, comme Laurent Lafforgue l'a souvent exprimé, le niveau mathématique des élèves en pâtira inéluctablement et  c'est déjà le cas, comme le soulignent les classements internationaux.

Contraindre les enseignants à ne plus évaluer les performances des élèves et les obliger à relever les notes tout au long de l'année ainsi qu'au brevet des collèges  va dans le sens d'un génocide intellectuel prévisible dans ses prémices  il y a déjà trente ans, mais devenu depuis une réalité, commandée par une minorité et subie par une majorité manipulée. C'est évidemment dans le but de pouvoir aisément manipuler nos compatriotes que ce plan diabolique est ourdi et il porte déjà des fruits hautement toxiques : le fameux bon sens paysan est en baisse, mais également la logique de raisonnement des étudiants. Je pense avoir éclairé mon descendant !

Père Yannik Bonnet
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