Père Yannik Bonnet

Comprendre la traduction du Notre Père à la lumière de Vatican II.



Verbum Domini 17 et 18 : Benoît XVI donne les clés de l'attitude à adopter face au problème de la traduction.

22 novembre 2013 : la nouvelle traduction liturgique de la Bible entre en vigueur. Sur le site Portail de la liturgie, un bref résumé de cet énorme travail
Dans Verbum Domini, le pape Benoît XVI récapitulait la relation des Catholiques à la Parole de Dieu. Un texte qui permet de mieux comprendre les enjeux d'une traduction.






L'origine divine du message : le Christ, et la transmission de l'Evangile.

17. En réaffirmant le lien profond entre l’Esprit Saint et la Parole de Dieu, nous avons aussi posé les fondations pour comprendre le sens et la valeur déterminante de la Tradition vivante et des Écritures Saintes dans l’Église. En effet, puisque « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16), la Parole divine, prononcée dans le temps, s’est donnée et « livrée » à l’Église de manière définitive, afin que l’annonce du salut puisse être communiquée de manière efficace à toutes les époques et en tous lieux. Comme nous le rappelle la Constitution dogmatique Dei VerbumJésus Christ lui-même « ayant accompli lui-même et proclamé de sa propre bouche l’Évangile d’abord promis par les prophètes, ordonna à ses Apôtres de Le prêcher à tous comme la source de toute vérité salutaire et de toute règle morale, en leur communiquant les dons divins. Ce qui fut fidèlement accompli tantôt par les Apôtres, qui, dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions transmirent, soit ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec Lui et en le voyant agir, soit ce qu’ils tenaient des suggestions du Saint-Esprit, tantôt par ces Apôtres et des hommes de leur entourage, qui, sous l’inspiration du même Esprit- Saint, consignèrent par écrit le message de salut » Verbum Domini 17

La perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s'accroît.

Une nouvelle traduction est faite pour répondre à l'accroissement de la perception du message évangélique :

"Le Concile Vatican II rappelle, par ailleurs, que cette Tradition d’origine apostolique est une réalité vivante et dynamique : elle progresse dans l’Église sous l’assistance du Saint-Esprit, non dans le sens qu’elle change dans sa vérité, qui est éternelle, mais plutôt que « la perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s’accroît », par la contemplation et par l’étude, avec l’intelligence que donne une expérience spirituelle plus profonde, et par « la prédication de ceux qui, avec la succession dans l’épiscopat, ont reçu un charisme certain de vérité » Verbum Domini 17

La nouvelle traduction du Notre Père : contemplation et étude

Ainsi, la nouvelle traduction du Notre Père est aussi le fruit d'une méditation de l'Eglise et d'une étude approfondie, ce que chacun doit tendre à réaliser à son propre niveau personnel.

Pour approfondir, il est possible et utile de suivre la réception ( réelle et non médiatisée) de la nouvelle traduction. Quelques articles ici.

La multiplicité des formes et contenus de l'ensemble des Écritures se présente à nous unifiée par la Tradition et le Magistère, dans la méditation et l'étude de l'Eglise. Formes et contenus n'altèrent pas la Parole divine s'ils sont compris dans la Tradition et le magistère tels que définis par Vatican II dans la Constitution Dei Verbum expliquée par Verbum Domini. C'est le sens de la citation suivante :

Une compréhension unifiée de l'Ecriture Sainte.

18. D’où l’importance d’éduquer et de former de façon claire le Peuple de Dieu à s’approcher des Saintes Écritures par rapport à la Tradition vivante de l’Église, en reconnaissant en elles la Parole même de Dieu. Faire grandir cette attitude chez les fidèles est très important du point de vue de la vie spirituelle. Il peut être utile de rappeler à ce propos une analogie développée par les Pères de l’Église entre le Verbe de Dieu qui se fait « chair » et la Parole qui se fait « livre ». La Constitution dogmatique Dei Verbum, recueillant cette ancienne tradition selon laquelle « son corps (celui du Fils), ce sont les enseignements des Écritures » - comme le disait saint Ambroise -, affirme : « les paroles de Dieu, exprimées en langues humaines, sont devenues semblables au langage humain, de même que jadis le Verbe du Père éternel, ayant assumé la chair humaine avec ses faiblesses, est devenu semblable aux hommes » . Comprise ainsi, l’Écriture Sainte se présente à nous, bien que dans la multiplicité de ses formes et de ses contenus, comme une réalité unifiée. En effet, « à travers toutes les paroles de l’Écriture Sainte, Dieu ne dit qu’une seule Parole, son Verbe unique en qui il se dit tout entier (cf. He 1, 1-3) », comme l’affirmait déjà saint Augustin avec clarté : « Rappelez-vous que le discours de Dieu, qui est développé dans toute la Sainte Écriture, est un seul et qu’un seul est le Verbe qui résonne sur la bouche de tous les auteurs sacrés » Verbum Domini 18




J
osefa Petersky
Admin



Transmettre un bagage solide. | Nos actions. | Les Fondamentaux de l'éducation. | Les Fondamentaux de la Doctrine Sociale. | Les Fondamentaux de la Foi. | Solidaires dans l'éducation de tout l'homme. | Solidarité Espace Donateurs | Anthropologie | Boutique AESmag | Observatoire



Inscription à la newsletter