Père Yannik Bonnet

Comment remédier à un éventuel schisme dans l'Eglise? Père Y. Bonnet



Ne va-t-il pas se produire une sorte de schisme dans l'Eglise ?
Cette question m'a été posée à plusieurs reprises par des personnes récemment venues ou revenues dans l'Eglise. Comme si ces personnes percevaient beaucoup mieux que le " petit reste " des fidèles de longue date le danger de fracture  qui se manifeste sur un nombre de questions posées tant par les événements actuels intérieurs que par ceux qui concernent notre continent européen. Et, comme elles me le disent, les prises de position épiscopales et cléricales montrent bien que les divergences semblent s'accentuer entre les clercs eux-mêmes, ainsi qu'entre les laïcs et le clergé.

Plus que la question des divorcés remariés, ce qui les soucie c'est l'attitude du clergé face à l'Islam. " Nous avons tous des amis musulmans, disent-elles, et nos relations sont d'autant plus faciles et chaleureuses que nous n'abordons pas les questions qui pourraient les ternir, à savoir celles qui touchent à la Foi, à la morale personnelle, à la conception de la vie sociale et du rôle de l'Etat ". Et d'évoquer pèle mêle le statut de la femme, la charia, le messianisme temporel de l'Islam et le paradis d'Allah, le " polythéisme " supposé des chrétiens, et j'en passe. Ces personnes ont du mal à digérer les curieuses et onctueuses prosternations d'une partie de notre clergé devant une religion manifestement incompatible avec la nôtre, notamment dans ses conséquences sociales, culturelles et politiques. Elles ont l' impression qu'au moment où elles reviennent dans le giron de l'Eglise, sûres que celle-ci est seule à leur donner les voies du bonheur éternel ainsi que celles d'une voie temporelle  qui s'efforce de créer les conditions permettant à l' homme de bonne volonté de parvenir à ce bonheur, une partie de leur clergé envisage sans amertume le syncrétisme, voire la soumission.
Leur constat n'est pas contestable et je déplore moi-même bien souvent qu'au moment où se multiplient les travaux des chercheurs sur l' Islam, sa genèse, son Coran, ses multiples incohérences et contradictions, une grande partie de ce clergé, déjà notablement ignorant de ces monuments que sont la doctrine sociale de l'Eglise et le catéchisme de l'Eglise catholique, montre qu'il ne se tient pas davantage au courant des avancées concernant la connaissance de l'Islam. Cette déficience en matière de formation continue nous coûte gros et cela ne fait que commencer.

A cela, il convient d'ajouter ce que disait notre saint Pape Jean- Paul II dans " Pastores dabo vobis ", la première condition d'une bonne formation du prêtre réside en sa formation humaine. Entendez par là que s'il n'est pas un adulte solidement structuré, s'il est encore immature affectivement parlant, s'il donne encore dans le compassionnel sirupeux, attendez-vous à des catastrophes personnelles et à des déviances collectives. Je m'obstine à penser que " Veritatis Splendor ", " Fides et Ratio " et "Caritas in Veritate " sont des lectures et des relectures indispensables à une époque comme la nôtre si prolifique en sottises et contrevérités. En revanche le temps passé devant l'écran de télévision doit être réduit au minimum ce qui améliore la santé mentale, l'équilibre intérieur et la stabilité émotionnelle. Plus encore le temps gagné peut alors être consacré à la prière du Rosaire, à la lecture de l'Ecriture Sainte, à la préparation des homélies, à la confession des fidèles et ...à leur formation !

Père Yannik Bonnet

Un site chrétien bien informé pour remédier à ce manque de formation continue : Oasis, la fondation du Cardinal Scola, pour ceux qui désirent connaître l'Islam et les dernières recherches.
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