Père Yannik Bonnet

Autorité et obéissance ( 4) : la liberté n'est pas la même chose que le libre-arbitre.



La liberté n’est pas le libre arbitre. On fait souvent la confusion entre les deux.

Saint Augustin écrivant son livre sur le libre arbitre : " D’où vient que nous agissons mal ? Si je ne me trompe, l’argumentation a montré que nous agissons ainsi par le libre arbitre de la volonté. Mais ce libre arbitre auquel nous devons notre faculté de pécher, nous en sommes convaincus, je me demande si celui qui nous a créés a bien fait de nous le donner. Il semble, en effet, que nous n’aurions pas été exposés à pécher si nous en avions été privés ; et il est à craindre que, de cette façon, Dieu aussi passe pour l’auteur de nos mauvaises actions (De libero arbitrio, I, 16, 35).La volonté libre sans laquelle personne ne peut bien vivre, tu dois reconnaître et qu’elle est un bien, et qu’elle est un don de Dieu, et qu’il faut condamner ceux qui mésusent de ce bien plutôt que de dire de celui qui l’a donné qu’il n’aurait pas dû le donner (ibid., II, 18, 48).
Saint Augustin écrivant son livre sur le libre arbitre : " D’où vient que nous agissons mal ? Si je ne me trompe, l’argumentation a montré que nous agissons ainsi par le libre arbitre de la volonté. Mais ce libre arbitre auquel nous devons notre faculté de pécher, nous en sommes convaincus, je me demande si celui qui nous a créés a bien fait de nous le donner. Il semble, en effet, que nous n’aurions pas été exposés à pécher si nous en avions été privés ; et il est à craindre que, de cette façon, Dieu aussi passe pour l’auteur de nos mauvaises actions (De libero arbitrio, I, 16, 35).La volonté libre sans laquelle personne ne peut bien vivre, tu dois reconnaître et qu’elle est un bien, et qu’elle est un don de Dieu, et qu’il faut condamner ceux qui mésusent de ce bien plutôt que de dire de celui qui l’a donné qu’il n’aurait pas dû le donner (ibid., II, 18, 48).
 
- Le libre arbitre : un équipement, une propriété de l’esprit, une capacité qui appartient au poste de pilotage (couple intelligence/volonté). Don de Dieu aux créatures spirituelles.
 
- Liberté : état dans lequel on est, plus ou moins, c’est la liberté des enfants de Dieu, de celui qui aime, qui vit dans la vérité. C’est l’état de celui qui vit dans la vérité de l’amour. C’est un état de grâce, on ne peut le trouver qu’en faisant un bon usage du libre arbitre, en obéissant à Dieu, ce qui demande un discernement.

1731 La liberté est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d'agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actions délibérées. Par le libre arbitre chacun dispose de soi. La liberté est en l'homme une force de croissance et de maturation dans la vérité et la bonté. La liberté atteint sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre béatitude. CIC

Est-ce que j’obéis à Dieu, à sa Parole qui m’est donné objectivement dans la bible et dans l’enseignement de l’Eglise (Magistère) ? Est-ce que je me méfie des " menaces pour la liberté" que sont le mauvais usage du libre-arbitre, le relativisme moral?

1740 Menaces pour la liberté. L'exercice de la liberté n'implique pas le droit de tout dire et de tout faire. Il est faux de prétendre que "l'homme, sujet de la liberté, se suffit à lui-même en ayant pour fin la satisfaction de son interêt propre dans la jouissance des biens terrestres" ( instr. "Libertatis conscientia" 13). Par ailleurs, les conditions d'ordre économique et social, politique et culturel requises pour un juste exercice de la liberté sont trop souvent méconnues et violées. Ces situations d'aveuglement et d'injustice grèvent la vie morale et placent aussi bien les forts que les faibles en tentation de pécher contre la charité. En s'écartant de la loi morale, l'homme porte atteinte à sa propre liberté, il s'enchaîne à lui-même, rompt la fraternité de ses semblables et se rebelle contre la vérité divine. CIC
 


Je dois, en tant qu'être humain doté de raison, faire un acte d'humilité pour accueillir la vérité qui rend libre, mais qui ne vient pas de moi. Ce n’est pas ma conscience  qui produit par elle-même les lois morales (loi naturelle, les 10 commandements). Elle les reconnaît comme étant des normes objectives qui me sont données par un Autre, une Vérité plus grande que moi. On ne peut pas faire l’économie des 10 commandements. La conscience a cette capacité de reconnaître et discerner le bien du mal. « Veritatis Splendor » et « Fides et ratio » de Jean-Paul II redonnent toutes les notions et le cadre général de l'usage de la raison, du libre-arbitre, en lien avec la Foi. Remarquons au passage que le catéchisme de l'Eglise catholique reprend la doctrine augustinienne sur liberté et libre-arbitre, dans une solide tradition.

 
 

Plus on fait le bien, plus on devient libre.

La liberté est un état de grâce.

1742 Liberté et grâce. La grâce du Christ ne se pose nullement en concurrente de notre liberté, quand celle-ci correspond au sens de la vérité et du bien que Dieu a placé dans le coeur de l'homme. Au contraire, comme l'expérience chrétienne en témoigne notamment dans la prière, plus nous sommes dociles aux impulsions de la grâce, plus s'accroissent notre liberté intime et notre assurance dans les épreuves, comme devant les pressions et les contraintes du monde extérieur. Par le travail de la grâce, l'Esprit Saint nous éduque à la liberté spirituelle pour faire de nous de libres collaborateurs de son oeuvre dans l'Eglise et dans le monde:CIC

Les pièges de la désobéissance : les idoles du Peuple de Dieu

Chute de Lucifer, appartements des papes, musée du Vatican, Vasari. l'Archange Michel précipite Lucifer.
Chute de Lucifer, appartements des papes, musée du Vatican, Vasari. l'Archange Michel précipite Lucifer.
Quand le Peuple Hébreux désobéit, Dieu dit à Moïse : « C’est à moi qu’ils en veulent, ce peuple a la nuque raide ». La désobéissance peut naitre par des manques de foi, manque de charité, amour excessif des biens sensibles.

L'exemple de la période des trente glorieuses : le progrès économique a dévoyé le peuple de Dieu. Beaucoup de gens (les classes moyennes) ont cru que l’argent allait leur apporter le bonheur : sortie de la pauvreté, société de consommation. A partir des années 70, on a été contaminé par l’argent, l’argent a remplacé Dieu et la foi a dégringolé. « On ne peut pas servir deux maîtres, Dieu et l’argent ». Quand la foi est remplacée par les idoles modernes la société devient dépressive (Tony Anatrella).

On refuse l’obéissance à Dieu et on se met dans l’esclavage des addictions. Les addictions d’aujourd’hui sont les idoles modernes : biens matériels, confort, culte du corps, du plaisir, des biens sensibles, argent, pouvoir, idéologies, consommation, drogue, alcool. Elles nous rendent esclaves et détruisent l’homme. Les addictions ont pour fondement un refus d’obéir à Dieu, un refus de l’obéissance. Le libre arbitre est mal utilisé, on passe alors de la liberté des enfants de Dieu à l’esclavage des enfants de Lucifer. On ne peut être dans le bien, dans le vrai et dans le beau que si on obéit humblement à Dieu. On voit donc le lien entre désobéissance, idolâtrie, esclavage et malheur de l’homme. Comme on distingue clairement le lien entre obéissance, amour, et bonheur éternel. Et c’est Dieu qui a voulu son Eglise, et son Eglise hiérarchique, du grec Hieros = sacré. C'est pour cela que l'Eglise, source d'obéissance sacrée qui mène à Dieu et au vrai bonheur, est attaquée par ceux qui défendent des principes de désobéissance.

Humilité, autorité et formation chrétienne.

Fiat de la Vierge Marie : elle tient sur son coeur la Parole de Dieu à laquelle elle obéit totalement.
Fiat de la Vierge Marie : elle tient sur son coeur la Parole de Dieu à laquelle elle obéit totalement.
Pour éduquer le libre arbitre :
1 - Former la conscience, l’intelligence, la raison au vrai
2 – Eduquer et muscler la volonté dans le sens du bien

L’obéissance est un acte de l’homme libre. De quelqu’un qui a l’habitude d’user de son libre arbitre. Ce n’est pas la soumission d’un esclave mais l’adhésion consciente, libre et volontaire du libre arbitre. 

L’autorité est un service qui demande l’humilité. On a confondu pouvoir et autorité. Le pouvoir est un moyen, mais l’autorité ce n’est pas d’abord des pouvoirs mais un devoir, un service qui va utiliser des pouvoirs comme des moyens pour atteindre sa fin : servir, faire grandir. Le chef n’a pas « le droit » mais d’abord « le devoir » de gouverner pour le bien de tous. 

L'épreuve de Lucifer : passer par l’obéissance au plan de Dieu suppose de renoncer au pouvoir propre, d'être humble, d'accepter l'autorité de Dieu pour se mettre à son service. Il fallait qu’il soumette sa volonté à Dieu, acte d’humilité et d’obéissance. Lucifer a refusé : « Non serviam ».
Or, on a jamais autant d’autorité que quand on obéit. Jésus a toute autorité sur terre et dans les cieux car il était tout entier dans une obéissance parfaite à son Père. Par conséquent, son pouvoir et son autorité lui viennent tous deux de Dieu par son obéissance. Il est le Serviteur. Tout comme sa sainte mère, Marie, est la Servante du Seigneur.
 
Il y a une différence entre Eve et Marie : toutes les deux avaient un libre arbitre. Mais Eve n’avait que la grâce de l’innocence originelle, Marie avait la grâce de la Rédemption. Marie avait le libre arbitre humain, et elle pouvait pécher, dire non. Les tentations et les persécutions que la Vierge Marie a subies étaient à la hauteur de sa mission et de sa grâce d’immaculée Conception. Son obéissance, son Oui, le Fiat qui permet l'Incarnation, voilà une réponse gigantesque et invincible face au pouvoir du démon. L'obéissance à Dieu est rétablie par le Fiat de Marie et son immence humilité, liée à celle du seul Sauveur Jésus. L'autorité de Dieu sur l'humanité, autorité d'amour, de salut, de bien, remporte la victoire par la Croix.


Père Y. Bonnet

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