Père Yannik Bonnet

Autorité et obéissance (3) : récupérer son libre-arbitre, en faire bon usage.

L'autorité de Dieu nous éloigne du péché, nous rend notre capacité à aimer grâce à un libre-arbitre efficace, nous soutient par le sacrement de réconciliation. Ainsi, nous sommes libres d'obéir au Bien.



Les trois langages de l'amour.

Chapelle Sixtine, le péché originel, Michel-Ange
Chapelle Sixtine, le péché originel, Michel-Ange
Il existe 3 langages de l’amour : 
1 - langage de la raison : j’ai de bonnes raisons d’aimer cette personne, elle a telles ou telles qualités, valeurs, c’est raisonnable
2 - langage des sentiments
3 - langage du corps ou du charnel
 
Pour aimer, il faut mettre les choses dans l’ordre. Il existe un ordre de l’amour, voulu et créé par Dieu. Mais ce n’est pas le charnel qui est premier. Nous sommes des êtres conditionnés, parfois le conditionnement est très lourd. Et c’est la foi qui peut m’aider à sortir de ces conditionnements qui m’empêchent d’utiliser mon poste de pilotage. La grâce de Dieu nous aide à nous libérer des blocages et conditionnements lourds qui nous empêchent d’aimer en vérité.
 
La pensée moderne d’aujourd’hui refuse le fait qu’il existe une nature humaine, un ordre naturel et un mode d’emploi de l’homme. La pensée moderne voudrait créer par elle-même ce mode d’emploi (Gender, mariage homosexuel…). Par « ordre naturel », on veut signifier qu’il existe  un mode d’emploi de l’homme, une nature humaine voulu et créée par Dieu avec ses lois propres. Cf. : théologie du corps de JPII (Anthony Percy). Cette nature est dévoyée par l’esprit du mal. L'obéissance à Dieu permet de voir l'action de l'esprit du mal là où elle se trouve et d'y remédier.
 
 

Le libre-arbitre : pour obéir à Dieu sans perdre sa liberté propre.

Chapelle Sixtine, l'école d'Athènes : les grands philosophes à la recherche du Bien.
Chapelle Sixtine, l'école d'Athènes : les grands philosophes à la recherche du Bien.
Eduquer notre libre arbitre : L’homme est donc doté d’un esprit, c’est-à-dire d’un poste de pilotage : intelligence pour discerner le vrai bien, et volonté pour le choisir, muni du libre arbitre. Reprendre son libre arbitre, l’utiliser avec intelligence, ne pas suivre l’esprit du monde, voilà le but de l'éducation et de la formation chrétienne. Découvrir, à la lumière de la révélation, le bon usage du libre arbitre permet de devenir heureux. Dans les langage de l'amour, le libre-arbitre permet la vertu de tempérance, la maîtrise des passions, la chasteté :

2339 La chasteté comporte un apprentissage de la maîtrise de soi, qui est une pédagogie de la liberté humaine. L’alternative est claire : ou l’homme commande à ses passions et obtient la paix, ou il se laisse asservir par elles et devient malheureux (cf. Si 1, 22). " La dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. L’homme parvient à cette dignité lorsque, se délivrant de toute servitude des passions, par le choix libre du bien, il marche vers sa destinée et prend soin de s’en procurer réellement les moyens par son ingéniosité " (GS 17). Catéchisme de l'Eglise catholique.

 Avec ce libre arbitre, je peux délibérément dire à Dieu : je t’aime,  je ne suis qu’une créature donc je t’adore, toi mon Père, mon Créateur. Je me rends compte, avec l’intelligence que tu m’as donnée, que tu es Dieu et que je ne suis qu’une créature. C’est ça l’obéissance : je me remets dans ta main, je ne renonce pas à mon libre arbitre, mais délibérément je t’obéis toi mon Dieu, je choisis de remettre ma vie entre tes mains, par amour. Il faut éduquer les enfants et les jeunes à utiliser leur poste de pilotage, et donc leur libre arbitre dans le sens du vrai et du bien. Dieu a laissé l’homme à son Conseil, et lui a donné  le libre arbitre pour que l’homme puisse délibérément lui obéir. Par l’obéissance, nous entrons dans la liberté de Dieu, des enfants de Dieu, dans la liberté de l’amour, et non pas dans l’esclavage de la haine, des passions, du péché. 
 
 

De l'importance du sacrement de confession pour obéir à Dieu.

 Les sacrements, particulièrement le sacrement de réconciliation permettent de se remettre sans cesse dans le chemin de l'obéissance à Dieu. Se pardonner à soi-même les erreurs et fautes du passé, se libérer de l’orgueil de l’amour propre qui nous empêche de nous pardonner à nous-mêmes, et retrouver l'amour de Dieu. Aller au bout de cette humilité : je ne suis qu’un être humain, le démon m’a trompé, j’ai fait des boulettes, mais Dieu me pardonne, je reste un fils bien-aimé du Père, je peux me pardonner à moi-même,  avec l’aide de la grâce car je sais que Dieu m'a pardonné et qu'il est possible de toujours revenir à Lui sans crainte d'être rejeté. Une fois que l’Esprit Saint nous a éclairés, il faut aller de l’avant et ne pas rester accroché à son passé. 

Il faut rappeler que la réconciliation avec Dieu a comme conséquence, pour ainsi dire, d’autres réconciliations qui porteront remède à d’autres ruptures produites par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans la profondeur de son être, où il récupère la propre vérité intérieure ; il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il a offensé et blessé ; il se réconcilie avec l’Église ; il se réconcilie avec la création toute entière (RP 31). CIC 1470
 
Chapelle Sixtine, le Jugement dernier, avec le Christ Sauveur au centre ( la Vierge à côté de Lui)
Chapelle Sixtine, le Jugement dernier, avec le Christ Sauveur au centre ( la Vierge à côté de Lui)
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